- Marc-Antoine Dumont, économiste senior • Randall Bartlett, économiste en chef adjoint
Point de vue économique
Conflit en Iran
Conséquences sur l’économie et le marché du pétrole
3 mars 2026
Faits saillants
- L’économie iranienne repose principalement sur l’extraction de pétrole avec une production d’environ 3,5 mbj (millions de barils par jour). Les hostilités actuelles limitent toutefois fortement la capacité d’exportation et de production du pays.
- Le marché pétrolier mondial demeure résilient, soutenu par un surplus de 4,4 mbj et par la capacité inutilisée de l’Organisation des pays producteurs de pétrole et ses partenaires (OPEP+) pouvant aisément remplacer la production iranienne.
- Les tensions régionales, notamment autour du détroit d’Ormuz, où 20 % du pétrole mondial transite, créent un risque de perturbations graves, mais la réaction du marché reste légère pour l’instant.
- Le scénario le plus probable implique des perturbations modérées de l’offre mondiale pendant environ deux mois avec un prix du WTI (West Texas Intermediate) se situant entre 70 $ US et 80 $ US le baril au deuxième trimestre. Un risque de perturbations plus importantes existe, ce qui pourrait pousser temporairement les cours du brut au-dessus des 100 $ US le baril.
- Pour le Canada, une hausse des prix du pétrole mène généralement à une croissance plus forte du PIB réel et à une inflation plus élevée. L’économie et les finances publiques de l’Alberta sont particulièrement sensibles aux variations des prix du pétrole. C’est aussi le cas, mais dans une moindre mesure, pour la Saskatchewan ainsi que pour Terre‑Neuve‑et‑Labrador. À l’inverse, les provinces non productrices d’énergie, comme le Québec et l’Ontario, devraient faire face à une inflation plus élevée, mais sans bénéficier d’un coup de pouce à la croissance.
- Malgré les risques géopolitiques, le marché pétrolier et l’économie mondiale démontrent une forte capacité d’adaptation, ce qui limite généralement des répercussions durables sur les prix et la croissance. Toutefois, un embrasement plus large du conflit pourrait freiner les dépenses et l’investissement, des effets qui seraient amplifiés si les conditions financières se resserraient fortement, comme en témoignent les chutes boursières européennes et la remontée mondiale des taux obligataires observées lundi.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.