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Nouvelles économiques

Canada : le patrimoine des ménages progresse malgré des défis persistants en matière d’endettement

16 mars 2026
Kari Norman
Économiste senior

Faits saillants

  • Les ménages canadiens se sont enrichis au quatrième trimestre de 2025, leur valeur nette ayant augmenté de 1,3 % d’un trimestre à l’autre (+230,2 G$ pour atteindre 18 594 G$) – une neuvième hausse trimestrielle consécutive. Ce gain provient en grande partie de l’augmentation des actifs financiers (+2,5 % ou +296,9 G$). Cette progression a toutefois été partiellement contrebalancée par une hausse des passifs des ménages, notamment l’endettement hypothécaire et non hypothécaire (+1,0 % ou +33,0 G$), ainsi que par une légère baisse de la valeur de l’immobilier résidentiel (-0,4 %).
  • L’emprunt des ménages a ralenti à 36,2 G$ au quatrième trimestre. Dans le détail, la demande pour les hypothèques a atteint 28,7 G$, alors que la dette non hypothécaire – incluant le crédit à la consommation – a diminué à 7,5 G$, comparativement à 10,6 G$ au troisième trimestre.
  • La dette des ménages sur les marchés du crédit a dépassé 3 221,9 G$ au quatrième trimestre. Par rapport au revenu disponible, le ratio d’endettement des ménages a progressé pour un cinquième trimestre consécutif, atteignant 177,2 %, tout en demeurant inférieur au sommet historique de 188,2 % enregistré au deuxième trimestre de 2022 (graphique 1). Les ménages canadiens continuent ainsi de se démarquer comme les plus endettés du G7.
  • Le ratio du service de la dette des ménages – la part du revenu disponible consacrée aux paiements de dettes – a légèrement reculé à 14,57 %, demeurant toutefois proche du sommet de 15,1 % observé au premier trimestre de 2023. Les paiements de capital hypothécaire ont augmenté pour un septième trimestre d’affilée (+1,0 %), tandis que les paiements d’intérêts hypothécaires ont diminué (-0,6 %). Le ratio du service de la dette hypothécaire seulement a légèrement fléchi à 7,8 % au quatrième trimestre, sous son sommet record de 8,2 % au premier trimestre de 2023, mais demeure élevé (graphique 2).


Commentaires

Les gains boursiers ont perdu de leur élan au quatrième trimestre de 2025 : l’indice composé S&P/TSX a progressé de 5,6 %, tandis que le S&P 500 n’a augmenté que de 2,4 %. Pour l’ensemble de l’année, le S&P/TSX a affiché une hausse robuste de 28,2 % – sa plus forte progression annuelle depuis 2009 – alors que le S&P 500 a grimpé de 16,4 %. Ces gains ont profité de manière disproportionnée aux ménages les plus fortunés, le quintile supérieur détenant toujours près des deux tiers de l’ensemble des actifs financiers. La combinaison d’un affaiblissement des revenus de placement et d’une croissance plus modérée des revenus a contribué à la baisse du taux d’épargne Lien externe au site. au quatrième trimestre, qui est passé de 5,2 % à 4,4 %. Les dépenses des ménages Lien externe au site. ont augmenté au cours du trimestre, principalement en raison de la hausse des dépenses liées au logement et aux services.

Implications

La hausse des paiements hypothécaires lors des renouvellements demeure une préoccupation majeure pour de nombreux ménages dans les prochains trimestres. Elle devrait freiner les dépenses de consommation tout en soutenant un niveau d’épargne plus élevé à court terme. Malgré les pertes d’emplois Lien externe au site. observées au début de 2026, la croissance des salaires s’est renforcée et continue de surpasser l’inflation. Comme les prix du pétrole plus élevés Lien externe au site. devraient exercer de nouvelles pressions à la hausse sur l’inflation, les marchés financiers sont passés d’anticipations de baisses de taux à la possibilité de hausses de taux au Canada. Les rendements obligataires à long terme se sont légèrement accrus en conséquence, ce qui a entraîné une hausse des coûts d’emprunt. Cela dit, la faiblesse des données sur le marché du travail en début d’année pourrait réduire la pression sur la Banque du Canada (BdC) pour qu’elle réagisse de manière préventive à ce qui pourrait s’avérer un choc d’offre temporaire, quoique très incertain. La BdC doit également tenir compte des risques baissiers associés à l’examen prochain de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique Lien externe au site. (ACEUM). Nous continuons donc de prévoir que les taux directeurs resteront stables pour l’avenir prévisible.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.