- Nom du rédacteur
- Jimmy Jean, vice-président, économiste en chef et stratège • Randall Bartlett, économiste en chef adjoint
Budget fédéral
Budget fédéral de 2026
Des déficits et une dette qui soulèvent des doutes
5 novembre 2026
Faits saillants
- À la grande surprise des prévisionnistes, les déficits fédéraux devraient être globalement conformes aux projections de la Mise à jour économique du printemps (MEP) à compter de l’exercice 2027‑2028 (EF 2028), après une modeste amélioration cette année (graphique 1). Cela dit, le déficit fédéral en proportion du PIB nominal devrait se creuser au cours de l’EF 2027 avant de diminuer par la suite, ce qui soulève des doutes quant à la capacité du gouvernement fédéral à respecter son point d’ancrage budgétaire, soit un ratio du déficit au PIB en baisse.
- L’amélioration des perspectives budgétaires est en grande partie attribuable à des revenus plus élevés, soutenus par la hausse des prix du pétrole et de l’inflation, qui devrait accroître les recettes fiscales totales de près de 120 G$ au cours des cinq prochaines années. Toutefois, le maintien de revenus plus élevés semble difficile à concilier avec les projections du PIB nominal, qui constitue la mesure la plus large de l’assiette fiscale. Les prévisions de revenus pourraient donc se révéler trop optimistes.
- La plupart des nouvelles mesures touchant les revenus avaient déjà été annoncées, notamment les 36,1 G$ sur cinq ans au titre de la Mégadéduction à la productivité et les 2,9 G$ cette année pour la réduction temporaire de la taxe d’accise fédérale sur les carburants. Le nouvel incitatif à la croissance du Canada (0,7 G$) pourrait être l’une des nouvelles mesures les plus intéressantes. Il pourrait stimuler l’entrepreneuriat au Canada, récompenser les entrepreneurs en série et faciliter les transferts d’entreprises parmi les PME, en plus de contribuer à réduire davantage l’écart de compétitivité fiscale avec les États‑Unis. En tenant compte des mesures de moindre envergure touchant les revenus, les réductions d’impôt et les déductions devraient entraîner une diminution nette des revenus d’environ 42 G$ au cours des cinq prochaines années.
- Les nouvelles mesures de dépenses annoncées depuis la MEP devraient totaliser près de 110 G$ au cours des cinq prochaines années, à compter de l’EF 2027. Les mesures les plus importantes comprennent le soutien au logement, aux infrastructures, à la santé et à l’éducation des peuples autochtones (26,6 G$ sur cinq ans), le soutien aux travailleurs et aux entreprises du Canada (11,5 G$) ainsi que les mesures visant à mettre le Canada sur la voie de l’élimination de l’itinérance d’ici dix ans (11,2 G$). Ces dépenses sont en partie compensées par de nouvelles économies modestes découlant des gains d’efficacité au sein du gouvernement et par des sommes déjà intégrées au cadre budgétaire, notamment en matière de défense. Ces économies sont toutefois bien modestes en comparaison de la réduction de plus de 60 G$ des dépenses de programmes directes attribuable à la hausse des taux d’intérêt, qui réduit les obligations futures, et ce, malgré des prévisions de taux d’intérêt à long terme globalement inchangées par rapport à la MEP de 2026.
- Avec des déficits moins importants à court terme et d’ampleur similaire par la suite, le niveau de la dette fédérale (déficits accumulés) devrait être inférieur à celui prévu dans la MEP de 2026, tout en atteignant près de 1 600 G$ d’ici l’EF 2031. Cela dit, la viabilité actuelle de la dette ne peut être tenue pour acquise. La marge de manœuvre budgétaire étant limitée, une poursuite de la hausse des taux d’intérêt à long terme, une nouvelle escalade de la guerre commerciale ou un autre choc externe négatif pourrait placer le ratio de la dette fédérale au PIB sur une trajectoire insoutenable.
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