- Randall Bartlett, économiste en chef adjoint • LJ Valencia, économiste
La Banque du Canada maintient son taux directeur face à des risques importants dans les deux sens
Selon la Banque du Canada (BdC)
- Comme prévu, la BdC a maintenu son taux directeur inchangé en avril à 2,25 %. Le taux cible du financement à un jour demeure à la borne inférieure de la fourchette estimée pour le taux neutre.
- Dans son allocution d’ouverture Lien externe au site. lors de la conférence de presse accompagnant le Rapport sur la politique monétaire (RPM), le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, a mis de l’avant trois messages clés.
- Premièrement, bien que le Canada soit influencé par des chocs mondiaux et des risques géopolitiques, l’économie demeure sur une trajectoire de croissance et devrait continuer de l’être. De fait, les perspectives de la BdC à l’égard des économies canadienne et mondiale ont peu changé depuis le RPM de janvier 2026 Lien externe au site.. Selon le communiqué Lien externe au site. publié à l’issue de l’annonce des taux d’intérêt : « Bien que la guerre en Iran puisse modifier sa composition, la croissance globale du PIB reste presque inchangée dans la nouvelle projection : le Canada étant un grand exportateur net de pétrole, les cours pétroliers plus élevés font augmenter le revenu national, alors même que les consommateurs sont mis sous pression par les prix plus élevés à la pompe » (graphique 1).
- Deuxièmement, après plus d’un an d’inflation près de la cible, celle-ci recommence à augmenter en raison de la hausse des prix mondiaux de l’énergie. La montée des prix de l’essence et le niveau toujours élevé des coûts alimentaires exercent une pression sur le budget des ménages canadiens. Ainsi, contrairement aux prévisions de croissance, les perspectives d’inflation ont considérablement changé depuis janvier. L’inflation globale mesurée par l’IPC devrait désormais atteindre 2,3 % en 2026, comparativement à 2 % dans le RPM de janvier 2026 (graphique 2). Cette révision s’explique directement par les nouvelles hypothèses de la BdC quant au prix du pétrole, désormais 15 $ US le baril plus élevé en 2027 que dans les projections de janvier, le prix du Brent devant graduellement reculer de 90 $ US le baril au deuxième trimestre de 2026 à 75 $ US le baril à la mi‑2027.
- Troisièmement, la politique monétaire vise à empêcher que la hausse des prix de l’énergie ne devienne une source durable d’inflation, tout en soutenant l’économie dans un contexte de vents contraires mondiaux. Le Conseil de direction demeure axé sur le maintien d’une inflation faible et stable au fil du temps. Le gouverneur Macklem a également précisé que le taux directeur pourrait devoir être abaissé pour soutenir la croissance économique si les États‑Unis imposaient d’importantes restrictions commerciales au Canada, ou à l’inverse être relevé si la hausse des prix de l’énergie se traduisait par une inflation généralisée et persistante.
Implications
Il s’agit d’une période difficile pour les banquiers centraux. L’incertitude accrue découlant tant de l’évolution du conflit au Moyen‑Orient Lien externe au site. que de la politique commerciale américaine Lien externe au site. fait que l’économie canadienne est frappée simultanément par des chocs inflationnistes et désinflationnistes. Les risques associés à ces deux forces demeurent élevés, et les scénarios possibles extrêmement incertains.
Compte tenu des risques bilatéraux entourant les perspectives d’inflation, la BdC semble à l’aise de maintenir les taux inchangés, à moins que les prix du pétrole demeurent élevés pendant une période prolongée. Nous continuons d’estimer qu’elle conservera son taux directeur inchangé pour le reste de l’année.
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