- Nom du rédacteur
- Randall Bartlett, économiste en chef adjoint • LJ Valencia, économiste
La Banque a relevé ses taux comme prévu, mais elle ne devrait pas s’arrêter là
Selon la Banque du Canada (BdC)
- Comme prévu, la Banque du Canada (BdC) a relevé son taux directeur de 25 points de base en octobre 2026, pour le porter à 2,50 %. Il s’agit de la première hausse de taux d’intérêt depuis juillet 2023.
- Dans sa déclaration préliminaire Lien externe au site. lors de la conférence de presse, le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, a souligné deux évolutions économiques importantes qui ont motivé la décision de relever le taux directeur.
- Premièrement, les perspectives d’inflation se sont considérablement détériorées. La BdC s’attend maintenant à ce que l’inflation avoisine 3,4 % en variation annuelle à la fin de 2026, contre 2,4 % dans ses prévisions de juillet, et qu’elle demeure à 3 % ou plus pendant une bonne partie de 2027 (graphique 1). Cette révision s’explique par la persistance des prix élevés de l’énergie, qui devraient demeurer élevés plus longtemps. Cette situation touche directement les consommateurs et fait augmenter les coûts pour les entreprises. Et bien que celles-ci aient jusqu’à présent absorbé une grande partie de la hausse des prix des intrants, la plus récente Enquête sur les perspectives des entreprises de la BdC laisse croire que ces coûts pourraient être de plus en plus répercutés sur les consommateurs. Dans ce contexte, les consommateurs et les entreprises ont revu à la hausse leurs attentes à l’égard de l’inflation future (graphique 2).
- Deuxièmement, l’économie canadienne est demeurée résiliente malgré l’inflation élevée et l’incertitude entourant les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis. La croissance du PIB réel au premier trimestre de 2026 a été révisée, passant d’un taux négatif à un taux positif, puis a dépassé les attentes de la BdC au deuxième trimestre, atteignant 3,3 % en variation trimestrielle annualisée, comparativement aux 2,5 % prévus en juillet. La croissance devrait s’établir autour de 2,0 % au troisième trimestre. Cela dit, l’économie canadienne devrait progresser beaucoup plus lentement au quatrième trimestre, soit de 0,8 %, en raison de la récente recrudescence des tensions commerciales. Toutefois, les résultats meilleurs que prévu enregistrés jusqu’ici en 2026 ont amené la BdC à relever à 1,0 % sa prévision de croissance du PIB réel pour cette année. Elle a également légèrement relevé ses prévisions de croissance pour 2027 et 2028, qui sont respectivement passées de 1,8 % à 2,0 % (graphique 3).
- Selon le gouverneur Macklem : « Comme l’inflation devrait rester élevée plus longtemps et que l’économie se montre résiliente, le Conseil de direction a reconnu que les risques pour l’inflation ont augmenté et qu’il y a moins de latitude pour offrir une détente monétaire. Pour la suite, le Conseil a convenu de prendre ses décisions de politique monétaire une à la fois. Il pourrait être nécessaire d’augmenter encore le taux directeur, mais étant donné les incertitudes actuelles, nous allons procéder avec prudence. »
Implications
Bien que la hausse de taux ait été presque entièrement anticipée par les marchés, l’élément le plus surprenant du Rapport sur la politique monétaire d’octobre 2026 est l’ampleur avec laquelle la BdC a relevé ses prévisions d’inflation. La perspective de prix du pétrole élevés pendant plus longtemps explique en grande partie cette révision, mais la résilience accrue de l’économie et les contre-tarifs canadiens, ces derniers ayant été très peu mentionnés, y contribuent également. Le ton de la BdC s’est aussi nettement durci, celle-ci insistant sur la possibilité que d’autres hausses de taux soient nécessaires. Nous continuons donc de prévoir une dernière hausse de taux avant la fin du cycle de resserrement, dont le moment dépendra de l’évolution des données.
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