- Randall Bartlett, économiste en chef adjoint • LJ Valencia, économiste
La Banque du Canada maintient le cap dans un contexte de forte incertitude
Selon la Banque du Canada (BdC)
- Comme prévu, la BdC a laissé son taux directeur inchangé en janvier, à 2,25 %. Le taux à un jour demeure au bas de la fourchette estimée par la BdC pour le taux neutre.
- Dans l’ensemble, les prévisions de la BdC pour l’économie canadienne et l’économie mondiale ont peu changé depuis le Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’octobre 2025 Lien externe au site.. Après un solide troisième trimestre de 2025, le PIB réel du Canada devrait stagner au quatrième trimestre avant de connaître une légère hausse au début de 2026. Plus loin à l’horizon, la BdC prévoit une progression du PIB réel de 1,1 % cette année et de 1,5 % en 2027 − des projections généralement conformes à celles publiées précédemment (graphique 1). Et même si la croissance globale demeure largement inchangée, des dépenses publiques plus vigoureuses et une légère reprise de l’investissement des entreprises devraient être contrebalancées principalement par un affaiblissement de la consommation.
- Conformément au scénario de croissance de la BdC, les perspectives d’inflation ont elles aussi peu changé (graphique 2). La banque centrale s’attend à ce que l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) demeure proche de la cible de 2 %, l’excédent de capacité de production venant compenser les pressions de coûts liées aux échanges commerciaux. Cela dit, une accélération à court terme de l’inflation est anticipée, puisque la baisse de certains prix observée l’an dernier, attribuable à la suspension temporaire de la TPS/TVH Lien externe au site., se reflétera dans les variations d’une année à l’autre. Parallèlement, les mesures privilégiées de l’inflation fondamentale de la BdC ont diminué, passant de 3 % en octobre à 2,5 % en décembre.
- Enfin, compte tenu de la stabilité des perspectives, il n’est pas surprenant que le Conseil de direction ait réitéré que « le taux directeur actuel demeure approprié, à condition que l’économie évolue de manière généralement conforme aux perspectives publiées aujourd’hui ». Le Conseil a toutefois souligné que l’incertitude demeure élevée et qu’il est prêt à réagir si les perspectives changent.
Implications
Les économistes et les marchés étaient tout à fait préparés à ce que la BdC maintienne ses taux inchangés aujourd’hui, mais certains points ont été peu abordés par cette dernière.
D’abord, le budget fédéral de 2025 Lien externe au site. a été à peine mentionné dans le RPM. L’ajustement à la hausse de la composante « administrations publiques » du PIB réel est demeuré marginal, et ce, malgré des déficits substantiels prévus. Cela reflète vraisemblablement des mesures davantage orientées vers l’investissement que vers la consommation. Il se peut aussi que ce soit parce que le budget n’a pas encore été adopté par le Parlement.
Ensuite, la BdC a laissé son estimation de l’écart de production essentiellement inchangée par rapport au RPM d’octobre, soit entre -1,5 % et -0,5 %. Cela contraste avec nos estimations et celles de plusieurs autres, qui montrent un écart de production plus petit après d’importantes révisions historiques du PIB réel, suggérant que le degré de capacités inutilisées dans l’économie canadienne est plus faible (graphique 3).
Dans l’ensemble, la BdC semble avoir modifié le moins de paramètres possible afin d’étayer le maintien du statu quo en matière de taux d’intérêt. Sauf changement imprévu des perspectives économiques, nous prévoyons que la BdC demeurera en attente pour une période prolongée.
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