- Randall Bartlett, économiste en chef adjoint • LJ Valencia, économiste
La Banque du Canada maintient ses taux inchangés tout en équilibrant des risques divergents pour l’inflation
Selon la Banque du Canada (BdC)
- Comme prévu, la BdC a laissé son taux directeur inchangé en janvier, à 2,25 %. Le taux des fonds à un jour demeure à la borne inférieure de la fourchette estimée du taux neutre de la BdC.
- La communication entourant l’annonce des taux racontait l’histoire de deux périodes : avant le conflit au Moyen‑Orient et après.
- Avant le conflit, les données récentes faisaient état d’un affaiblissement de l’activité économique et d’un ralentissement de la hausse des prix. À ‑0,6 %, la croissance trimestrielle annualisée du PIB réel au quatrième trimestre de 2025 s’est révélée inférieure à la progression nulle que la BdC projetait dans son Rapport sur la politique monétaire Lien externe au site. de janvier 2026. Les données reçues pour le début de 2026 suggèrent que l’économie recommence à croître, mais à un rythme plus lent que ce que la celle‑ci avait prévu en janvier (graphique 1). Le marché du travail demeure peu vigoureux. L’inflation mesurée par l’IPC total au dernier trimestre de 2025 s’est également établie sous les attentes de la BdC. La hausse des prix a encore ralenti en février, à 1,8 %, après 2,3 % en janvier.
- Puis est survenu le conflit au Moyen‑Orient. Selon le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, « il est trop tôt pour évaluer quelles répercussions le conflit au Moyen‑Orient aura sur la croissance au Canada ». S’ils se maintiennent, des prix du pétrole plus élevés stimuleront les revenus d’exportation, mais rogneront le pouvoir d’achat des ménages. Les conditions financières se resserrent déjà, ce qui pousse les rendements obligataires mondiaux à la hausse, les marchés boursiers à la baisse et élargit les écarts de crédit. Nos récents travaux Lien externe au site. concluent que la hausse des prix du pétrole attribuable au conflit avec l’Iran devrait soutenir la croissance et l’inflation cette année (graphique 2).
- Toujours selon le gouverneur Macklem : « L’économie canadienne connaît déjà de nombreux défis, auxquels s’ajoute maintenant plus de volatilité. […] Le commerce et la situation géopolitique demeurent des zones d’ombre, et le conflit au Moyen‑Orient a élargi l’éventail des issues possibles. Par rapport à nos prévisions de janvier, les risques pesant sur la croissance économique sont plutôt baissiers. On estime que la croissance à court terme sera plus faible que prévu, et la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique est un gros point d’interrogation. Pour leur part, les risques entourant l’inflation sont plutôt haussiers en raison de la flambée des prix de l’énergie. »
Implications
Le gouverneur Macklem a bien résumé le dilemme de la BdC : « La combinaison d’un ralentissement économique et d’une montée de l’inflation pose un dilemme pour les banques centrales. » Pour l’instant, avec une inflation proche de la cible et une économie en situation de capacités excédentaires, la BdC juge faible le risque que la hausse des prix de l’énergie se transmette rapidement et largement aux autres biens et services. Cependant, plus le conflit s’éternise et s’étend, plus le risque d’un effet de prix plus généralisé et persistant augmente.
Dans ce contexte d’incertitude, il n’est pas surprenant que la BdC ait maintenu ses taux inchangés lors de sa réunion de mars. Et même si le gouverneur Macklem a clairement indiqué que la BdC demeure prête à intervenir au besoin à mesure que les perspectives évolueront, le ton de la communication s’est légèrement assoupli. En conséquence, nous continuons de prévoir qu’elle laissera le taux directeur inchangé jusqu’à la fin de l’année.
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