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Nouvelles économiques

Canada : les importations accrues d’or ont creusé le déficit commercial

2 avril 2026
LJ Valencia
Économiste

Faits saillants

  • Le déficit du commerce international de marchandises du Canada s’est creusé pour atteindre 5,7 G$ en février 2026, comparativement à 4,2 G$ en janvier (graphique 1). Ce résultat dépasse largement le consensus des prévisionnistes, qui tablait sur un déficit de 2,5 G$. Le tableau présente plus de détails.
  • Les exportations de biens ont progressé de 6,4 % sur une base mensuelle, tandis que les volumes ont augmenté de 5,2 %. Les importations ont pour leur part bondi de 8,4 %, les volumes s’étant accrus de 9,4 %.
  • L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis est passé de 4,9 G$ à 1,7 G$ en février, soit son niveau le plus faible depuis mai 2020 (graphique 2). Parallèlement, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s’est rétréci, passant de 9,1 G$ à 7,5 G$.
  • La position équilibrée du commerce des services observée en janvier s’est transformée en un excédent de 0,4 G$ en février. Les exportations de services ont augmenté de 1,5 % sur une base mensuelle, tandis que les importations de services ont reculé de 0,7 % au cours du mois.



Commentaires

Neuf des onze catégories d’exportations ont affiché des hausses en février. Les exportations de véhicules automobiles et de pièces ont progressé de 24,2 % sur une base mensuelle, reflétant le rebond de la production automobile canadienne après des arrêts saisonniers prolongés. Ce redressement a également coïncidé avec une production automobile accrue aux États‑Unis. Les exportations de produits métalliques et de produits minéraux non métalliques ont aussi enregistré une hausse marquée (11,2 %), principalement en raison d’expéditions plus importantes d’or vers le Royaume‑Uni. Les exportations de produits agricoles, de la pêche et d’aliments intermédiaires ont augmenté de 10,5 % en février, surtout grâce à des expéditions accrues d’orge et de soya vers la Chine.

Du côté des importations, toutes les catégories sauf une ont enregistré des augmentations en février. Les importations de produits métalliques et de produits minéraux non métalliques ont fortement progressé (45,6 %), principalement en raison d’achats accrus d’or ainsi que de déchets et rebuts métalliques en provenance des États‑Unis. Les importations de véhicules automobiles et de pièces ont augmenté (5,9 %), en phase avec le rebond de la production automobile observé en février, tant au Canada qu’aux États-Unis. Les importations de produits énergétiques ont également affiché une hausse notable (20,1 %), attribuable surtout à des volumes plus élevés de pétrole brut, de bitume et de carburant d’aviation en provenance des États‑Unis.

Implications

Compte tenu de l’ampleur accrue du déficit commercial en février, les exportations nettes devraient exercer un effet négatif sur la croissance du PIB réel au premier trimestre. Il convient de noter que les droits de douane Lien externe au site. américains à l’importation demeurent faibles, en raison d’un taux élevé de conformité à l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), qui exempte de droits la majorité des exportations canadiennes de biens à destination des États‑Unis. Nous anticipons désormais une croissance du PIB réel située dans une fourchette de 1,5 % à 2,0 % en taux annualisé au premier trimestre de 2026, ce qui est proche de l’estimation de 1,8 % de la Banque du Canada figurant dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier 2026 Lien externe au site..

Comme le suggère notre scénario Lien externe au site., le conflit en Iran constitue un risque haussier pour la croissance économique et la balance commerciale. De plus, la diversification des échanges par l’entremise de la côte ouest canadienne devrait également soutenir la croissance des exportations. Cela dit, les perturbations commerciales et l’incertitude demeurent présentes. Nos plus récents travaux Lien externe au site. indiquent qu’une issue défavorable de la révision de l’ACEUM pourrait nuire à la trajectoire de croissance du Canada. À ce titre, cette question continue de peser lourdement sur la réflexion des responsables des politiques publiques et des banquiers centraux Lien externe au site. au Canada, et ce, malgré le récent choc lié aux prix de l’énergie.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.