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Nouvelles économiques

Canada : le solde commercial repasse dans le noir grâce à l’or et au pétrole

5 mai 2026
LJ Valencia
Analyste économique

Faits saillants

  • Le solde du commerce international de marchandises du Canada est passé à un excédent de 1,8 G$ en mars 2026, après avoir affiché un déficit de 5,1 G$ en février (graphique 1). Ce résultat est nettement supérieur au consensus, qui anticipait un déficit de 2,5 G$. Consultez le tableau pour plus de détails.
  • Les exportations de biens ont augmenté de 8,5 % sur un mois, tandis que les volumes exportés ont progressé de 2,2 %. Les importations ont reculé de 1,6 %, alors que les volumes importés ont diminué de 2,5 %.
  • L’excédent commercial du Canada avec les États‑Unis s’est élargi, passant de 2,9 G$ à 7,1 G$ en mars, son niveau le plus élevé depuis septembre 2025 (graphique 2). Parallèlement, le déficit commercial avec les pays autres que les États‑Unis s’est réduit de 8,0 G$ à 5,3 G$, soit le plus faible niveau observé depuis janvier 2021.
  • L’excédent des services, qui s’élevait à 0,1 G$ en février, s’est transformé en un déficit de 0,1 G$ en mars. Les exportations de services ont progressé de 0,5 % sur un mois, tandis que les importations de services ont augmenté de 1,7 % au cours de la période.



Commentaires

Les données commerciales du Canada réservent souvent des surprises. Si l’excédent commercial observé en mars est bienvenu, il est pour le moins inattendu. Le solde commercial est repassé en territoire positif pour la première fois depuis septembre 2025, et n’a été récemment surpassé que par l’excédent enregistré en janvier de l’an dernier.

Sept des onze catégories d’exportations ont affiché des hausses en mars. Les exportations de produits métalliques et minéraux non métalliques ont enregistré les gains les plus importants, en hausse de 24 % sur un mois, principalement en raison de livraisons accrues d’or vers le Royaume‑Uni. Les exportations d’énergie ont progressé de 15,6 %, atteignant leur niveau le plus élevé depuis septembre 2022, essentiellement à la suite de la hausse des prix mondiaux du pétrole attribuable au conflit en Iran Lien externe au site.. Les exportations de véhicules automobiles et de pièces ont également augmenté (+4,5 %), reflétant une hausse de la production automobile au cours du mois.

Du côté des importations, des reculs ont été observés dans 8 des 11 catégories. Les importations de biens de consommation ont diminué (‑3,9 % sur un mois). Par ailleurs, les importations d’aéronefs et d’autre matériel de transport ont fortement chuté (‑12,8 %), le Canada ayant importé moins d’avions commerciaux en provenance des États‑Unis.

Implications

Malgré l’excédent commercial enregistré en mars, les exportations nettes devraient freiner la croissance de la production au premier trimestre. En effet, les volumes d’exportation ont reculé de 2,4 % en rythme trimestriel annualisé, tandis que les importations réelles ont augmenté de 14,0 %. Nous prévoyons une croissance du PIB réel d’environ 1,5 % en rythme annualisé au premier trimestre de 2026, avec un risque de surprise à la hausse compte tenu de la solidité des données commerciales de mars. Cette prévision est conforme aux perspectives publiées par la Banque du Canada (BdC) dans le Rapport sur la politique monétaire d’avril 2026.

Comme le suggèrent nos prévisions Lien externe au site., les prix du pétrole devraient demeurer élevés plus longtemps, à mesure que le conflit au Moyen‑Orient se prolonge. Cette situation devrait soutenir l’investissement des entreprises et les exportations nettes, en particulier dans le secteur de l’énergie, bien qu’à un coût accru pour les consommateurs. Cela dit, l’incertitude entourant l’examen conjoint de l’Accord Canada‒États‑Unis‒Mexique (ACEUM) constitue un vent contraire important pour la croissance économique et l’inflation. Compte tenu des risques, la BdC a maintenu son taux directeur inchangé dans sa plus récente annonce Lien externe au site.. Nous nous attendons à ce qu’elle demeure en pause jusqu’en 2027, tout en restant prête à intervenir si les circonstances venaient à évoluer.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.