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Nouvelles économiques

Canada : l’excédent commercial s’accroît en septembre, mais masque un ralentissement des échanges

4 novembre 2026
Nom du rédacteur
Laura Gu
Économiste senior

Faits saillants

  • L’excédent du commerce international de marchandises du Canada a augmenté pour atteindre 5,4 G$ en septembre 2026 (graphique 1), contre 5,0 G$ en août (chiffre révisé à la hausse). Ce résultat a dépassé les attentes consensuelles, qui tablaient sur un excédent de 5 G$. Voir le tableau pour plus de détails.
  • Les exportations de biens ont légèrement progressé de 0,2 % sur un mois, mais leur volume a diminué de 4,0 %. Les importations ont reculé de 0,3 %, leur volume ayant baissé de 2,5 %.
  • L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis s’est accru, passant de 12,1 G$ à 12,3 G$ en septembre (graphique 2). Parallèlement, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s’est légèrement résorbé, passant de 7,1 G$ à 7,0 G$.
  • L’excédent du commerce des services a diminué pour s’établir à 0,3 G$ en septembre, contre 0,45 G$ en août (chiffre révisé). Les exportations de services ont augmenté de 0,9 % sur un mois, tandis que les importations de services ont progressé de 1,5 % au cours du mois.



Commentaires

Le solde commercial de septembre a dépassé les attentes et a marqué un septième mois consécutif d’excédent. Les échanges commerciaux s’essoufflent toutefois, les exportations comme les importations ayant diminué en termes réels. Ce sont les prix qui ont soutenu les résultats.

Si l’on exclut l’énergie et les métaux, les exportations ont chuté de 5,6 %. Seulement 3 des 11 catégories d’exportations ont enregistré des gains, et 2 d’entre elles ont été les principaux moteurs du mois. Les exportations d’énergie ont bondi de 8,2 %, principalement sous l’effet du pétrole brut et du bitume (+10,2 %), dont les prix ont augmenté. Les exportations de produits métalliques et minéraux ont progressé de 8,6 % alors que les acheteurs américains se sont tournés vers l’or détenu au Canada. Les exportations de biens touchés par les nouveaux droits de douane imposés en vertu de l’article 338, qui avaient bondi en août à l’approche de la date limite, ont fait marche arrière : matériel électronique et électrique (-13,9 %), machines industrielles (-9,0 %), produits forestiers et matériaux de construction (-9,8 %) et biens de consommation (-7,1 %). Les importations ont diminué pour un deuxième mois consécutif, principalement en raison des véhicules automobiles et des pièces, qui ont reculé de 9,1 %, les problèmes d’approvisionnement ayant forcé l’arrêt de chaînes de montage aux États-Unis. Si l’on exclut le secteur automobile, les importations ont augmenté de 1,5 %. Les importations de matériel électronique et électrique ont atteint un sommet (+10,3 %), les processeurs destinés aux centres de données en provenance des États-Unis ayant fait bondir de 29,4 % les importations d’ordinateurs. Cela pourrait être un signe encourageant pour l’investissement dans les technologies.

Le commerce net devrait contribuer à la croissance au troisième trimestre, mais en raison d’une faiblesse de la demande intérieure plutôt que d’une vigueur accrue des exportations. En valeur nominale, les exportations et les importations ont toutes deux légèrement progressé de 0,2 % sur un trimestre, si bien que l’excédent est demeuré stable à 11,2 G$. En termes réels, les exportations ont reculé de 0,6 %, tandis que les importations ont diminué de 1,6 %.

La diversification des échanges a marqué une pause, quoique cette évolution s’explique en grande partie par la volatilité du pétrole brut et de l’or. Les exportations vers les marchés autres que les États-Unis ont reculé pour un deuxième mois consécutif, et leur part des exportations totales est passée de 30,1 % à 29,8 % (graphique 3). Elle demeure néanmoins nettement supérieure au niveau d’environ 25 % observé avant 2025. Du côté des importations, l’écart entre les approvisionnements en provenance des États-Unis et ceux provenant des autres pays demeure relativement stable.


Implications

L’accroissement de l’excédent commercial en septembre masque un ralentissement des échanges, tant du côté des exportations que de celui des importations. Notre estimation de la croissance du PIB réel au troisième trimestre se situe autour de 1,5 % en rythme annualisé, un résultat inférieur aux 2,0 % prévus dans le Rapport sur la politique monétaire d’octobre de la Banque du Canada (BdC). Un troisième trimestre plus faible ne devrait toutefois pas faire dévier la BdC de sa trajectoire. Les décideurs se préparent à ce que les prix élevés de l’énergie se répercutent sur l’inflation fondamentale, la mesure excluant les aliments et l’énergie devant se rapprocher de 3 % l’an prochain. Si les perspectives demeurent proches des projections d’octobre, nous prévoyons une nouvelle hausse de 25 points de base en décembre, ce qui porterait le taux directeur à 2,75 %.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.