- LJ Valencia
Économiste
Canada : le déficit commercial se creuse alors que les exportations d’or perdent de leur éclat
Faits saillants
- Le déficit du commerce international de marchandises du Canada s’est accentué pour atteindre 2,2 G$ en novembre, comparativement à 0,4 G$ le mois précédent (graphique 1). Il s’agit d’un résultat plus négatif que l’anticipation médiane du consensus des économistes, lesquels tablaient sur un déficit de 0,7 G$.
- Les exportations de biens ont reculé de 2,8 % en novembre, tandis que les importations ont diminué de 0,1 %. En termes réels, les exportations ont chuté de 3,7 %, alors que les importations ont progressé de 0,4 %.
- L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis est passé de 5,2 G$ à 6,6 G$ en novembre (graphique 2). Parallèlement, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s’est creusé, passant de 5,6 G$ à 8,8 G$ au cours du mois, les importations en provenance de l’extérieur des États-Unis ayant atteint un sommet historique.
- Le solde du commerce des services est demeuré pratiquement inchangé en novembre, après avoir affiché un excédent de 0,4 G$ en octobre. Les exportations de services ont reculé de 1,5 %, tandis que les importations de services ont progressé de 0,5 %.
Commentaires
Les exportations canadiennes ont reculé en novembre, malgré des hausses observées dans 8 des 11 catégories de produits exportés. Les exportations de produits métalliques et de produits minéraux non métalliques ont chuté de 24,4 % sur un mois, en raison d’un affaiblissement des exportations d’or vers le Royaume-Uni, les États-Unis et Hong Kong. Malgré ce recul, les exportations de métaux précieux, dont l’or, affichaient une hausse de 39,5 % depuis le début de 2025, dans un contexte de forte envolée des prix de l’or.
Les exportations de véhicules automobiles et de pièces ont diminué de 11,6 % en novembre, atteignant leur plus bas niveau en trois ans. La baisse de la production ainsi que l’imposition de nouveaux droits de douane américains sur les camions moyens et lourds ont contribué à ce repli. À l’inverse, les exportations d’énergie ont constitué un point positif au cours du mois, progressant de 8,5 %, sous l’effet d’une augmentation des volumes de pétrole brut et de bitume.
Du côté des importations, 7 des 11 catégories ont enregistré des diminutions. Les importations de véhicules automobiles et de pièces ont affiché le recul le plus marqué (-4,5 %), en lien avec une baisse de la production de véhicules de tourisme aux États-Unis. Les importations d’énergie ont également diminué (-10,6 %), en raison de volumes moindres en provenance des États-Unis et du Nigeria. À l’opposé, les importations de biens de consommation ont fortement progressé (6,2 %), principalement à cause d’une hausse des arrivages de produits pharmaceutiques et médicinaux en provenance de l’Irlande et de la Belgique.
Implications
À la lumière des données commerciales publiées aujourd’hui, les exportations nettes devraient exercer un frein sur la croissance de l’activité économique au quatrième trimestre. Nous anticipons une progression du PIB réel d’environ 0,25 % au cours du trimestre, mais les risques baissiers demeurent présents compte tenu de l’incertitude entourant les droits de douane. Ce constat prévaut malgré des niveaux effectifs de tarifs Lien externe au site. qui restent faibles, notamment en raison d’une conformité accrue à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), lequel exempte de droits une majorité des biens canadiens entrant aux États-Unis. Notre prévision se situe au-dessus de celle de la Banque du Canada (BdC) figurant dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier, qui anticipe une stagnation du PIB réel au T4.
Nos plus récentes perspectives Lien externe au site. indiquent que la croissance économique devrait se poursuivre en 2026, mais dans un environnement susceptible de demeurer volatil, compte tenu des perturbations commerciales et de l’incertitude persistante. Dans ce contexte, et considérant les données récentes sur l’inflation Lien externe au site. (qui se situe près de sa cible de 2 %), la BdC a maintenu son taux directeur inchangé lors de sa plus récente annonce Lien externe au site., tout en signalant qu’elle demeure prête à intervenir si les perspectives économiques venaient à évoluer.
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