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Nouvelles économiques

Canada : les perturbations prolongées dans le secteur automobile ont creusé le déficit commercial en janvier

12 mars 2026
LJ Valencia
Économiste

Faits saillants

  • Le déficit du commerce international de marchandises du Canada s’est accru pour atteindre 3,6 G$ en janvier, après 1,3 G$ en décembre (graphique 1). Il s’agit d’un déficit plus marqué que la prévision consensuelle, qui tablait sur 1,1 G$. Voir le tableau pour plus de détails.
  • Les exportations de biens ont reculé de 4,7 % d’un mois à l’autre en janvier, tandis que le volume des exportations a diminué de 6,1 %. Les importations ont également baissé en janvier, de 1,1 %, avec une contraction du volume de 2,4 %.
  • L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis a légèrement diminué, passant de 5,7 G$ à 5,4 G$ en janvier (graphique 2). À l’inverse, le déficit commercial avec les autres pays s’est creusé, passant de 7,0 G$ à 9,0 G$.
  • L’excédent de 0,4 G$ enregistré en décembre au chapitre des services s’est transformé en déficit de 0,1 G$ en janvier. Les exportations de services ont reculé de 2,5 % d’un mois à l’autre, alors que les importations de services ont progressé de 4,1 %.



Commentaires

Six des onze catégories d’exportation ont affiché des baisses. Les exportations de véhicules automobiles et de pièces ont chuté de 21,2 % d’un mois à l’autre, les arrêts saisonniers prolongés de production ayant réduit l’activité dans l’industrie automobile canadienne au cours du mois. Il s’agit du plus faible niveau d’exportation de cette industrie depuis septembre 2021. Les exportations de produits métalliques et de minéraux non métalliques ont également reculé de façon notable (-8,0 %), principalement en raison d’une diminution des expéditions d’or vers le Royaume-Uni. À l’inverse, la hausse des exportations d’énergie (4,1 %) a contribué à atténuer les pertes observées ailleurs, grâce à des exportations plus élevées de gaz naturel vers les États-Unis et à une troisième hausse mensuelle consécutive des exportations de pétrole brut.

Du côté des importations, 7 des 11 catégories ont diminué. Les importations de véhicules automobiles et de pièces ont reculé (-4,5 %), en lien avec la baisse de la production automobile au cours du mois. La diminution des importations de pièces électroniques et électriques (-3,6 %), notamment de téléphones intelligents provenant de la Chine et des États-Unis, a aussi contribué à la baisse. À l’opposé, la hausse des importations de machines, de matériel et de pièces industriels (3,4 %) reflète une augmentation des livraisons de modules et d’équipements destinés à une installation de production de gaz naturel liquéfié en Colombie-Britannique.

Implications

En dépit du recul enregistré dans les données commerciales de janvier, les exportations nettes devraient contribuer modestement à la croissance du PIB réel au premier trimestre. Cette performance survient malgré les droits de douane américains Lien externe au site., qui demeurent faibles en raison de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), lequel exempte la majorité des exportations canadiennes de biens vers les États-Unis de droits de douane. Nous prévoyons désormais une croissance annualisée du PIB réel se situant entre 1,0 % et 1,5 % au premier trimestre de 2026, soit un rythme inférieur à la projection de 1,8 % présentée par la Banque du Canada dans son Rapport sur la politique monétaire de janvier 2026 Lien externe au site..

Cela dit, les perturbations commerciales et l’incertitude constituent des vents contraires importants pour la croissance en 2026. Comme le montre notre plus récente analyse Lien externe au site., une issue défavorable de l’examen conjoint de l’ACEUM pourrait se traduire par un affaiblissement marqué de la croissance économique. Bien que le conflit avec l’Iran Lien externe au site. présente des risques haussiers significatifs pour la croissance, ses effets sur l’activité économique et sur le solde commercial dépendront largement de sa durée et de son intensité. Enfin, la diversification des échanges via la côte ouest du Canada devrait également soutenir les exportations d’énergie à l’avenir.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.