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Commentaire hebdomadaire

Prévisions pour la Banque du Canada : regardez ici, pas là

13 mars 2026
Royce Mendes
Directeur général et chef de la stratégie macroéconomique

Les économistes ont amplement débattu des répercussions économiques de la hausse des prix du pétrole. Pour le Canada, les implications à l’échelle nationale sont relativement simples. Si elle se maintient, la hausse des prix du pétrole représente un choc positif des termes de l’échange, qui fera grimper à la fois la production économique et l’inflation. Notre équipe a quantifié ces effets dans une note Lien externe au site. la semaine dernière.

 

La réaction de la Banque du Canada (BdC) à la hausse des prix de l’énergie est également assez simple. Même dans un monde où les banques centrales sont plus sensibles aux chocs d’offre, le conseil des gouverneurs peut amplement se permettre d’être patient. Les décideurs vont généralement ignorer un choc des prix du pétrole à moins que les attentes inflationnistes deviennent désancrées, que l’inflation sous‑jacente reprenne de la vigueur ou que l’écart de production s’amenuise considérablement.

 

À ce stade‑ci, il est encore beaucoup trop tôt pour qu’ils puissent conclure que ces conditions sont en train de se matérialiser, d’autant plus que le marché du travail s’est nettement détérioré depuis le début de l’année. Par conséquent, il ne faut pas s’étonner que la BdC maintienne ses taux stables la semaine prochaine et réitère que le niveau actuel des taux demeure approprié, ajoutant au passage une référence aux risques d’inflation à la hausse découlant de la poussée des prix mondiaux de l’énergie.

 

Même si les prix du pétrole demeurent élevés, il est peu probable qu’il y ait des conversations sérieuses au sujet des hausses de taux à court terme. L’attention devrait plutôt rester centrée sur les principaux risques baissiers pour l’économie, notamment ceux liés au marché du travail et au logement.

 

Les banquiers centraux ont largement esquivé toute discussion en profondeur sur l’immobilier résidentiel, arguant que le marché de l’habitation était simplement maussade et inégal d’une région à l’autre. Mais les données de plusieurs des plus grandes villes canadiennes montrent des signes clairs de détérioration et la hausse des prix du pétrole risque d’aggraver la situation.

 

Les prix du pétrole plus élevés favoriseront la croissance en Alberta, en Saskatchewan et à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, mais ils auront l’effet inverse dans des provinces comme la Colombie‑Britannique, l’Ontario et le Québec. Les marchés de l’habitation de Montréal, de Saskatoon, de Regina et de St. John’s ont été résilients et n’ont pas besoin de soutien. Calgary et Edmonton ont fléchi plus récemment et accueilleront favorablement un coup de pouce d’un secteur des ressources plus vigoureux. C’est ailleurs que le besoin de soutien se fait le plus sentir : les marchés de l’habitation de Toronto, de Vancouver et de nombreuses régions environnantes sont solidement en contraction.

 

La hausse des prix du pétrole, qui a fait grimper les taux d’intérêt de référence, pourrait amplifier ces difficultés. Les taux hypothécaires devraient augmenter au moment même où de nombreux propriétaires renouvelleront leur prêt. Ceux qui ont contracté des prêts à taux variable et à paiements fixes sont les plus vulnérables. En effet, certains pourraient voir leurs paiements augmenter de 70 %, voire plus. Bien que la proportion de prêts hypothécaires résidentiels en souffrance soit légèrement supérieure à la moyenne prépandémique, les chiffres sont en progression constante. En Ontario, ils ont atteint un sommet jamais vu depuis le début de 2012. Ainsi, plus de la moitié des prêts en souffrance se trouvent maintenant dans cette province.

 

Nous surveillerons de près la situation de l’immobilier au cours des prochains mois en espérant que l’amélioration de la dynamique saisonnière soulagera un peu les marchés de l’habitation canadiens les plus durement touchés. À elles seules, les tensions sur le marché de l’habitation pourraient favoriser la prise de mesures de soutien monétaire supplémentaires, ce qui, à tout le moins, obligerait les marchés à revoir la probabilité que des hausses de taux surviennent avant la fin de l’année.

 

Toutefois, si le Canada subit un changement structurel qui réduit son potentiel de croissance, comme l’a évoqué le gouverneur Macklem pour parler de l’évolution de la relation commerciale avec les États‑Unis, le taux d’intérêt neutre pourrait être inférieur à l’estimation actuelle de la BdC. Cela signifierait que, contrairement à ce qu’elle a affirmé récemment, le taux directeur actuel ne stimule pas du tout l’économie. Mais comme la BdC ne reviendra pas sur son estimation du taux neutre avant avril, elle risque également d’éviter les questions à ce sujet.

Lire la publication Indicateurs économiques de la semaine du 18 au 22 juillet 2022

Consultez l'étude complète en format PDF.

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