Mobiliser la diaspora comme levier du développement
Le Forum Diaspora Impact – Sénégal 2026 s’est tenu à Dakar le 24 mars 2026. Parmi les organisations participantes, il y avait notamment les suivantes : l’Ambassade du Canada au Sénégal; le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur; la Délégation générale du Québec à Dakar (DGQD); le Centre de recherches pour le développement international (CRDI); ainsi que Développement international Desjardins (DID), représenté par Gerardo Almaguer, président-directeur général (PDG), et Louise Bergeron, vice-présidente, Soutien aux administrateurs et Gouvernance des caisses du Mouvement Desjardins.
L’événement a rassemblé acteurs publics, institutions financières et représentants de la diaspora pour réfléchir à de nouvelles façons de mobiliser les ressources et de renforcer le financement du développement, dans un contexte mondial marqué par une baisse de l’aide publique et un déficit de financements.
Repenser le financement du développement dans un contexte en mutation
Comme l’a rappelé Momar Talla Ndao, secrétaire d’État du Logement et représentant du secrétaire d’État chargé des Sénégalais de l’Extérieur : « Nous évoluons dans un contexte international marqué par un déficit de financement du développement, conjugué à une baisse progressive de l’aide publique au développement. Cette situation appelle à repenser nos modèles, à innover et à mobiliser de nouveaux leviers, parmi lesquels la diaspora occupe une place centrale et stratégique. »
Au Sénégal, la diaspora représente une force importante : en 2024, les transferts effectués par cette dernière ont dépassé 10 % du produit intérieur brut (PIB), soit plus de 2 200 milliards de francs CFA, montant supérieur à l’aide publique au développement. Toutefois, au-delà des flux financiers, cette diaspora constitue un réservoir stratégique de compétences et d’expertises, capable de soutenir le développement économique, le transfert de savoir-faire et l’innovation.
Mobiliser la diaspora : entre potentiel et force stratégique
Durant le Forum, les discussions ont montré que la diaspora n’est plus un simple potentiel : elle est prête à investir, à entreprendre et à contribuer activement à son pays d’origine. Les échanges ont mis en évidence l’importance de la confiance, de la structuration des projets et de l’accompagnement au moyen de cadres institutionnels clairs et de mécanismes adaptés.
DID a dévoilé les résultats d’une étude sur les mécanismes financiers innovants de mobilisation du capital de la diaspora sénégalaise au Canada. Gerardo Almaguer, PDG de DID, a rappelé ceci : « Il n’y a pas une seule recette pour répondre à tous les besoins de la diaspora. » L’analyse recommande d’ordonner les interventions, de segmenter les profils de la diaspora, d’ancrer la confiance institutionnellement, de mesurer et publier les résultats, ainsi que d’harmoniser les rendements attendus avec les réalités du marché.
Lors du même panel, Louise Bergeron a insisté sur la diversité des parcours et des capacités d’investissement au sein de la diaspora. Elle a également souligné que la valeur centrale de la solidarité peut aussi influencer la capacité d’épargne, une réalité à intégrer pour élaborer des solutions adaptées.
Dans cette perspective, plusieurs pistes d’action ont été proposées pour le secteur bancaire : (1) structurer les projets pour faciliter l’investissement et atténuer les risques qu’ils comportent; (2) renforcer la finance mixte et le partage des risques; et (3) simplifier les parcours.
En conclusion, ce panel a démontré que les obstacles freinant la mobilisation productive du capital diasporique sont désormais bien connus, mais aussi – et surtout – qu’ils sont surmontables. L’enjeu ne repose plus sur l’analyse, mais bien sur l’action.
DID réaffirme son engagement auprès de la diaspora et poursuivra ces réflexions au-delà du Forum, afin de transformer le potentiel de cette diaspora en investissements productifs, en transfert de compétences et en innovations durables, contribuant ainsi à la Vision Sénégal 2050.