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Finances personnelles

Maximiser les retombées du REEE

9 mai 2022

C’est bien connu, les études postsecondaires peuvent coûter cher. Jusqu’à 7 000 $ par année au baccalauréat, selon Statistique Canada. À ce montant, il faut encore ajouter les frais de subsistances si on n’habite pas chez ses parents, soit le coût du logement, de plus en plus élevé , la nourriture, le matériel scolaire, le cellulaire, les frais de transport, etc. La facture annuelle totale peut facilement atteindre 14 000 $, selon le site Allo Prof1. Un montant qui s’additionne chaque année d’études.

En tant que parent, on ne veut pas que ce poids financier freine les ambitions de carrière de nos enfants. Cotiser à un régime enregistré d’épargne-études (REEE) vous permettra de leur fournir le coup de pouce nécessaire le moment venu.

Il y a plusieurs avantages au REEE. S’il ne permet pas de réduire votre revenu imposable, il offre la possibilité d’accumuler des sommes à l’abri de l’impôt puisque le capital investi génère des revenus de placement. D’où l’intérêt de cotiser tôt pour accumuler les rendements. En plus, vous bénéficiez des subventions gouvernementales représentant 30 %2, parfois plus selon votre revenu familial, de vos contributions, ce qui vient gonfler la cagnotte. Imaginez, un rendement de 30 % sur vos investissements, ce n’est pas à négliger.

Comment obtenir encore plus d’un REEE

Quelques stratégies permettent de profiter au maximum des avantages de cet outil financier, notamment au moment du décaissement. En effet, à partir du moment où l’enfant est inscrit à un programme d’études postsecondaires, il faut songer à décaisser le REEE. Il y a différents moyens de maximiser les retraits.

L’argent sera versé sous forme de paiement aux études ou PAE qui est composé uniquement des sommes provenant des subventions et des rendements générés. Il peut servir à payer les frais de scolarité, les manuels scolaires, le logement, la voiture, etc. Les dépenses n’ont pas à être justifiées.

« C’est important de retirer les subventions en premier, conseille Hélène Pelletier, planificatrice financière chez Desjardins. S’il en reste une fois que l’enfant aura terminé ses études, il faudra les rembourser au gouvernement. De cette façon, le capital investi continue de fructifier même en période de décaissement. » À noter que dans le cadre d’un régime familial, il est toutefois possible de transférer les subventions non utilisées à un frère ou à une sœur.

Il est bon de savoir que le retrait maximal du PAE pour les 13 premières semaines d’études postsecondaires à temps plein est de 5 000 $ (2 500 $ pour des études à temps partiel). Par la suite, il n’y a pas de limites.

« Il faut planifier judicieusement les retraits de façon à minimiser l’impact fiscal pour l’enfant car le PAE est imposable, affirme Hélène Pelletier. Si le jeune gagne plus de 14 398 $ dans une année, incluant les sommes reçues et le salaire obtenu d’un emploi, il aura de l’impôt à payer. Il faut bien analyser la situation avant de lui remettre des sommes. »

Dans le cadre d’un régime familial, il pourrait être intéressant de retirer les cotisations du bénéficiaire pour les réinvestir tout de suite au nom d’un enfant plus jeune. « Cette stratégie de roulement permet de profiter de nouvelles subventions », explique-t-elle avant de faire une mise en garde. « Dans un REEE familial, il est toutefois important de s’assurer que les retraits n’affectent pas le versement des subventions annuelles pour les plus jeunes. Prendre note que pour bénéficier du maximum de subventions, la contribution annuelle au REEE est de 2 500 $ par année ou 5 000 $ par année si l’on détient des droits REEE inutilisés » rappelle-t-elle.

En tant que souscripteur, vous avez la possibilité de retirer en totalité les cotisations versées. Ce capital ne sera pas imposable. Vous avez alors le choix de le donner en totalité à votre enfant ou d’en récupérer une partie. « Dans ce cas, les stratégies fiscales sont multipliées, affirme Hélène Pelletier. Le parent peut souscrire au REEE d’un enfant plus jeune et recevoir de nouvelles subventions, selon les limites permises. Il pourrait également contribuer à son propre REER (REER du parent) s’il a des droits de cotisation non utilisés. Une autre option serait de donner l’argent à son enfant pour qu’il le place dans son CELI qui continuera ainsi à fructifier. »

Encore trop peu de familles souscrivent au REEE, déplore-t-elle. Selon Statistique Canada, en 2020, seulement 66 % des enfants au Québec avaient de l’épargne prévue pour leurs études postsecondaires et 85 % de ces sommes étaient investies dans un REEE.

« Le REEE est un outil financier qui permet d’appuyer son enfant dans la réalisation de ses projets d’avenir. C’est une aide qui n’a pas de prix ! », conclut Hélène Pelletier.


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1. Allo Prof. Les coûts des études [en ligne], avril 2021. https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/education-financiere/les-couts-des-etudes-h1817

2. Le montant des subventions maximales est de 7 200 $ pour la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) et de 3 600 $ pour l’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE) pour un total de 10 800 $.