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Économie et entrepreneuriat

Inflation, taux d’intérêt, marchés boursiers… Que surveillera l’économiste Jimmy Jean en 2022 ?

13 janvier 2022

Alors que la pandémie perdure, à quoi faut-il s’attendre sur la planète économique en 2022 ? Jimmy Jean, l’économiste en chef et stratège de Desjardins, fait le point sur la question.

Sur son écran radar, il aura à l’œil la montée de l’inflation qui, en 2021, a surpris tout le monde par son ampleur et sa persistance. Cette croissance devrait se calmer au cours des prochains mois, estime l’économiste. « Certains des facteurs qui ont contribué à la hausse devraient s’atténuer dont le prix de l’énergie qui pourrait descendre en raison des surplus prévus sur le marché du pétrole. On peut également anticiper un assouplissement des contraintes dans les chaînes d’approvisionnement, notamment dans le secteur automobile », explique Jimmy Jean.  

On n’est pas sorti du bois pour autant. D’autres facteurs pourraient entraîner une poussée inflationniste comme la hausse des salaires qui forcerait les entreprises à augmenter les prix de leurs produits et le coût du logement qui ne cesse de grimper. « On n’est pas non plus à l’abri de nouveaux chocs comme l’a été le variant Omicron, ajoute-t-il. C’est ce qui fait que durant la première moitié de l’année, le taux d’inflation pourrait atteindre 5 % au Canada et 7 % aux États-Unis. Par la suite, la situation devrait commencer à se calmer comme le prévoient la Banque du Canada et la Fed. »

Attention à l’endettement

En 2020, malgré la pandémie, la situation financière de nombreux ménages s’est améliorée alors que le taux d’endettement a fléchi et que l’épargne s’est accrue. « La forte hausse de l’épargne s’est toutefois concentrée chez les mieux nantis, précise Jimmy Jean. Avec la montée de l’inflation et la hausse prévue des taux d’intérêt, les ménages très endettés devraient connaître encore plus de difficultés. On peut constater que certains indicateurs ont commencé à se dégrader en 2021. Le taux d’endettement est reparti à la hausse alors que le taux d’épargne diminue. »

Tout indique que la Banque du Canada ouvrira la porte à une hausse des taux d’intérêt plus tôt que prévu. « Elle pourrait le faire dès avril, ce qui serait un devancement significatif par rapport au signal qu’elle fournissait il y a un an, affirme Jimmy Jean. Plusieurs banques centrales devraient annoncer des hausses au cours des prochains mois. La Banque d’Angleterre l’a fait en décembre dernier. Cette remontée se fera toutefois de façon graduelle pour ne pas déstabiliser l’économie. »

L’effervescence immobilière se calmera

La hausse des taux d’intérêt aura bien évidemment un impact sur le marché immobilier qui, malgré tout, restera actif au cours des prochains mois. Selon l’économiste, avec les mises en chantier soutenues, on peut s’attendre à un meilleur équilibre entre l’offre et la demande d’ici la fin de l’année. Toutefois, à court terme, vu le faible inventaire, la pression sur le prix de l’habitation devrait se maintenir.

« Ceux qui attendaient que les prix baissent avant d’acheter seront déçus, dit-il. Avec la hausse des taux d’intérêt, les gens seront tentés d’accélérer leur achat. L’efficacité des mesures de resserrement qui ont été mises en place par les institutions financières va être testée. Les acheteurs devront avoir la mise de fonds nécessaire et être capables de soutenir des taux d’intérêt plus élevés. »

L’augmentation des taux hypothécaires devrait avoir un plus gros impact sur les marchés de l’habitation de la Colombie-Britannique et de l’Ontario où l’abordabilité du logement est très faible. Ces derniers mois, les prix des maisons y a poursuivi une trajectoire ascendante. « En raison des cibles d’immigration ambitieuses dans ces provinces, l’activité reste forte sur ces marchés immobiliers. Toutefois, l’appréciation des prix pourrait décourager bien des ménages », explique Jimmy Jean. 

Prudence sur les marchés boursiers 

Après plusieurs mois marqués par la croissance sur les marchés boursiers, on a assisté au retour de la volatilité à la fin de 2021. L’accélération des pressions inflationnistes et les changements dans la politique monétaire des banques centrales ont quelque peu ébranlé l’optimisme des investisseurs. La prudence est donc de mise surtout pour ceux qui approchent de la retraite ou qui y sont déjà arrivés.

« Ils devront davantage rechercher les valeurs sûres pour investir dans des entreprises offrant de bons dividendes ou qui ne sont pas affectées par la hausse des taux d’intérêt, conseille Jimmy Jean. Le secteur bancaire devrait offrir de bonnes occasions d’investissement. »

Il faudra faire attention aux titres technologiques. « Ces titres seront plus vulnérables à des hausses de taux, et ces entreprises sont également scrutées de près par les régulateurs », conclut l’économiste.

Pour consulter l'étude économique complète : Quoi surveiller pour 2022? En route pour l’après-pandémie… on l’espère!


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