Choisir vos paramètres

Choisir votre langue
Tendances des matières premières

Enfin un accord entre l’Iran et les États-Unis?

17 juin 2026
Jimmy Jean, vice-président, économiste en chef et stratège
Marc-Antoine Dumont, économiste senior • Florence Jean-Jacobs, économiste principale

Faits saillants

  • Conformément à nos attentes, les États‑Unis et l’Iran semblent avoir trouvé un terrain d’entente en juin, permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Le risque d’un échec de l’accord demeure présent, comme lors des précédentes tentatives, mais le marché semble plus confiant quant à une résolution durable du conflit. Il s’amorce maintenant une opération logistique complexe, soit la sortie de plus de 800 navires retenus dans le golfe Persique et le redémarrage de la production d’environ 15 millions de barils par jour interrompue depuis le début du conflit. L’ampleur des dommages causés par la guerre demeure incertaine. Nous nous attendons donc à ce que le rebond des exportations du Golfe et de la production pétrolière soit plus graduel que prévu initialement. Dans ce contexte, le prix du WTI (West Texas Intermediate) devrait demeurer volatil à court terme, à mesure que la trajectoire de l’offre mondiale se précisera. Nous maintenons ainsi notre prévision de fin d’année à 80 $ US le baril.
  • La perte majeure de production au Moyen‑Orient a fait basculer le marché mondial du pétrole en situation de déficit, forçant un recours accru aux stocks pour combler le manque d’offre. Aux États‑Unis seulement, les stocks commerciaux ont diminué de 3 %, tandis que les réserves gouvernementales ont reculé de 16 % depuis le début du conflit. La réserve stratégique pétrolière américaine se situe maintenant à son plus bas niveau en 40 ans. Malgré la fin possible du conflit, les stocks devraient poursuivre leur baisse, car il faudra plusieurs semaines pour normaliser les flux mondiaux de pétrole et, dans certains cas, plusieurs mois. Le renflouement des stocks pourrait offrir un léger soutien au prix à partir de la fin de l’année, si le marché retourne en situation de surplus.
  • L’activité industrielle s’est montrée relativement résiliente malgré la hausse des prix de l’énergie. Dans ce contexte, le principal effet du conflit en Iran sur les métaux de base a été une augmentation des prix, reflétant des coûts de production et de transport plus élevés. Nous prévoyons que les prix des métaux de base pourraient perdre un peu de terrain au cours des prochaines semaines, à mesure que les prix de l’énergie se replient. Par la suite, l’aluminium et le cuivre devraient reprendre une légère tendance haussière portée par une forte demande, tandis que le minerai de fer et le nickel risquent de faire du surplace. Le ralentissement anticipé de l’économie chinoise représente toutefois un risque baissier pour l’ensemble du complexe des métaux industriels.
  • Après avoir atteint un sommet historique de plus de 5 500 $ US l’once en début d’année, le prix de l’or s’est corrigé et évolue désormais autour de 4 300 $ US l’once. Ce repli reflète un repositionnement des facteurs qui avaient soutenu la hausse initiale. Le conflit en Iran a contribué au raffermissement du dollar américain, à la remontée des taux obligataires et à une hausse des anticipations de resserrement monétaire. Les achats des banques centrales ont aussi ralenti. Certaines banques centrales de pays émergents importateurs nets de pétrole ont utilisé leurs réserves d’or pour stabiliser leur devise. La résolution du conflit en Iran pourrait donc atténuer les pressions sur le dollar et les taux, tout en favorisant une reprise des achats des banques centrales. Cela soutiendrait le prix de l’or, même si les niveaux élevés continuent de freiner la demande physique, notamment pour les bijoux.
  • Le conflit en Iran n’a pas épargné le secteur agricole, par le biais d’une hausse subite des prix des engrais, en particulier l’urée, en mars et en avril. Bien qu’un repli ait été observé récemment, il est encore trop tôt pour conclure à une stabilisation, le marché demeurant sensible aux tensions géopolitiques et aux fluctuations des prix du gaz naturel, un intrant clé. Les prix des grains ont, pour leur part, été moins touchés que lors du début du conflit en Ukraine. Les cours du blé, du maïs et du soya ont reculé au début de juin, en raison de bonnes récoltes en Amérique du Sud et de conditions météorologiques favorables en Amérique du Nord. À court terme, les prix agricoles devraient globalement se maintenir ou progresser légèrement, avec des risques orientés à la hausse. Ceux-ci découlent des effets différés du conflit au Moyen‑Orient sur les coûts de production, ainsi que du soutien procuré par les prix élevés du pétrole, qui stimulent la demande de biocarburants (soutenant le maïs et le soya). À plus long terme, l’offre pourrait se resserrer pour certaines cultures : l’USDA [en anglais seulement] Lien externe au site. prévoit une réduction des superficies ensemencées en maïs et en blé en 2026-2027 au profit du soya, une culture moins exigeante en engrais azoté. Les importants semis actuels pourraient limiter la hausse des prix du soya après les récoltes, en 2027. Le risque de perturbations climatiques liées à El Niño sera également à surveiller.
  • Dans le secteur forestier canadien, les conditions restent difficiles. Les coûts d’exploitation élevés, accentués par les prix de l’énergie, s’ajoutent à une demande américaine modérée et à des droits de douane élevés sur le bois d’œuvre. Les prix du bois demeurent globalement stables, la stagnation de la construction résidentielle aux États‑Unis étant partiellement compensée par la demande en rénovation, d’autant plus que les fermetures de scieries ont réduit l’offre. Enfin, les prix dans le secteur des pâtes et papiers sont assez stables, quoique la hausse mensuelle de mai soit la plus prononcée en deux ans. La baisse d’activité des scieries réduit la disponibilité des copeaux, augmentant les coûts de cet intrant et pesant sur la compétitivité des producteurs.

Principales matières premières




Prix des matières premières



NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.