- Jimmy Jean, vice-président, économiste en chef et stratège
Marc-Antoine Dumont, économiste senior • Florence Jean-Jacobs, économiste principale
Tendances des matières premières
Un futur toujours ambigu concernant le conflit en Iran
11 août 2026
Faits saillants
- La situation au Moyen‑Orient demeure volatile et maintient une prime de risque sur le prix du pétrole. De nouvelles négociations sont en cours mais, à la lumière des évènements des derniers mois, on peut douter de la longévité de toute nouvelle entente. Dans ce contexte, la réouverture du détroit d’Ormuz risque d’être encore plus graduelle que précédemment anticipé, ce qui signifie une offre plus faible sur le marché mondial du pétrole pour une plus longue durée. Nous tablons sur un prix de fin d’année du WTI (West Texas Intermediate) de 75 $ US le baril.
- En Occident, la réaction de l’offre de pétrole au conflit en Iran a été prudente. En fait, les grands producteurs ont maximisé leur production dans les installations déjà existantes et se sont montrés très disciplinés dans leurs plans de croissance. La logique demeure que les prix redescendront éventuellement et la production du Moyen‑Orient réintégrera le marché. Dans ce contexte, il ne faut pas s’attendre à d’importants investissements dans de nouvelles capacités de production. Cela est bien illustré par le sondage de la Réserve fédérale de Dallas, qui a recensé que 69 % des grands producteurs ne comptaient pas accroître leur production à cause du conflit. Cependant, les petits producteurs se montrent plus opportunistes, avec 57 % d’entre eux en faveur d’une hausse.
- Les prix des métaux ont évolué conformément à nos attentes. La demande de cuivre, de nickel et d’aluminium demeure soutenue malgré la hausse des coûts énergétiques. Le prix de l’aluminium s’est toutefois replié après avoir récemment atteint un sommet en raison des perturbations de la production au Moyen‑Orient. Celui du minerai de fer a également poursuivi son recul, l’offre abondante continuant d’exercer des pressions baissières.
- L’or a, pour sa part, regagné une partie du terrain perdu et se négocie autour de 4 350 $ US l’once. Cette remontée a été favorisée par les craintes inflationnistes liées à la poursuite du conflit en Iran, ainsi que par le ton accommodant de la Réserve fédérale, malgré une inflation toujours supérieure à la cible. Le prix du métal jaune devrait poursuivre sa progression graduelle au cours des prochains mois pour terminer l’année autour de 4 500 $ US l’once.
- Les prix nord-américains du bois d’œuvre se sont redressés en juin et en juillet, retrouvant leur niveau de l’an dernier. En dollars canadiens, la hausse est amplifiée par la dépréciation du huard. Cette amélioration reflète surtout un ajustement de l’offre, les producteurs ayant réduit leur cadence pour s’adapter à une demande toujours modérée. Aux États‑Unis, les taux hypothécaires élevés continuent de freiner la construction résidentielle. Les prix des pâtes et papiers ont également progressé, rompant avec près de trois ans de stagnation. La menace de droits de douane américains de 50 % sur le papier et le carton canadiens demeure un risque important pour la rentabilité du secteur.
- Les prix des principaux grains ont augmenté depuis la fin juin et les perspectives varient de stables à légèrement favorables. La sécheresse en Europe soutient les prix du maïs, mais cet effet est atténué par de bonnes conditions de production dans les Amériques. Le blé a été volatil en raison de l’intensification du conflit entre l’Ukraine et la Russie, tandis que le soya bénéficie d’une forte demande chinoise. Les prix des engrais azotés ont chuté depuis le sommet d’avril, mais les risques d’approvisionnement persistent en raison de la situation toujours instable au Moyen‑Orient.
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