Choisir vos paramètres

Choisir votre langue
Nouvelles économiques

Québec : le PIB progresse au T2, pour les bonnes raisons cette fois

23 septembre 2026
Nom du rédacteur
Sonny Scarfone
Économiste principal

Faits saillants

  • Le PIB réel du Québec a progressé de 0,8 % en rythme annualisé au deuxième trimestre de 2026 (Canada Lien externe au site. : 3,3 %), après une hausse de 1,4 % au trimestre précédent. Les résultats du début d'année ont d'ailleurs été légèrement révisés à la hausse.
  • Bien que la croissance du PIB ait ralenti, sa composition s'est nettement améliorée. La demande intérieure finale a augmenté de 2,2 %, après avoir été pratiquement stable au premier trimestre. Elle a d'ailleurs été révisée de -1,3 % à -0,1 %.
  • Les dépenses des ménages ont accéléré de 2,8 %, appuyées à la fois par une reprise de la consommation de biens et par la vigueur persistante des services. Ce résultat survient alors que la population québécoise a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, selon les données publiées ce matin par Statistique Canada.
  • Les exportations ont bondi de 12,3 %, contribuant à elles seules pour plus de cinq points de pourcentage à la croissance du PIB réel. Dans un contexte de tensions commerciales, les entreprises québécoises semblent continuer de tirer parti de marchés d'exportation plus diversifiés.
  • La réduction des stocks observée au deuxième trimestre a retranché plus de quatre points de pourcentage à la croissance, après avoir fortement soutenu l'activité au début de l'année. Leur évolution explique en partie le profil particulièrement erratique de la croissance économique depuis le début du conflit commercial avec les États-Unis (graphique 1).
  • Malgré ce contexte, l'économie québécoise a pratiquement retrouvé son sommet de production atteint avant l'escalade du conflit commercial. Le PIB réel des industries a d'ailleurs progressé de 0,4 % en juin, sa plus forte hausse mensuelle depuis l'été 2024 (graphique 2).

Commentaires

Le deuxième trimestre a surpassé les attentes pour le Québec. La croissance du PIB réel est demeurée positive malgré un contexte commercial difficile, mais surtout, elle s'est appuyée sur des fondements beaucoup plus solides qu'au début de l'année. La demande intérieure a rebondi et les exportations ont surpris à la hausse.

En examinant les composantes du PIB, plusieurs signaux sont encourageants. La consommation de biens durables, traditionnellement associée à la confiance des ménages, a progressé de 4,9 % en rythme annualisé, son meilleur résultat en un an. Les dépenses en biens semi-durables ont également accéléré. L'investissement des entreprises est demeuré en territoire positif pour un troisième trimestre consécutif. La forte progression des dépenses en machines et matériel a plus que compensé la faiblesse persistante des ouvrages non résidentiels, ce qui concorde avec la vigueur observée dans les technologies de l'information et les investissements liés à l'intelligence artificielle.

Les échanges ont également affiché une performance remarquable. Les exportations internationales ont crû de 12,9 %, leur meilleure progression en trois ans, tandis que les exportations interprovinciales ont bondi de 11,3 %, un rythme inégalé depuis la reprise postpandémique. Dans un contexte commercial toujours incertain, ces résultats suggèrent que les entreprises québécoises continuent d'adapter leurs marchés et leurs chaînes d'approvisionnement.


Implications

En somme, peu d'éléments négatifs ressortent de cette publication. Les résultats du printemps montrent une économie québécoise plus résiliente et mieux équilibrée qu'on ne le croyait il y a quelques mois. Le retour du PIB réel à proximité de son sommet précédant le conflit commercial et la vigueur observée en juin offrent un point d'appui appréciable pour la seconde moitié de l'année. Ce constat ne met toutefois pas fin aux risques. Les nouvelles salves tarifaires imposées depuis août surviennent au moment où l'économie semblait avoir retrouvé son équilibre, et leur incidence pourrait être plus marquée au Québec Lien externe au site. qu'ailleurs au pays en raison de la forte exposition de plusieurs secteurs exportateurs Lien externe au site. au marché américain. Nos prévisions économiques Lien externe au site. demeureront donc relativement prudentes tant que les signes d'une reprise durable et généralisée ne seront pas plus convaincants.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.