- Nom du rédacteur
- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : forte baisse de l’emploi en septembre, qui doit toutefois être relativisée
Faits saillants
- En septembre, l'emploi a reculé de 49 400 postes au Québec, un deuxième recul mensuel consécutif. Depuis le début de 2026, la perte nette atteint maintenant 126 700 emplois (tableau).
- Le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 6,0 % (graphique 1). Il demeure inférieur à la moyenne canadienne de 6,5 %, mais a augmenté de près d'un point de pourcentage depuis le début de l'année.
- La hausse du taux de chômage aurait été plus importante sans le recul du taux d'activité, lequel a chuté de 0,5 point de pourcentage à 63,7 %.
- La faiblesse du mois provient essentiellement de l'emploi à temps plein (-43 300). Les pertes ont aussi été concentrées dans le secteur public (-40 400) et le travail autonome (-33 100), tandis que le secteur privé affichait un gain de 24 100 emplois.
- Sur le plan sectoriel, les services d'enseignement (-37 500), les soins de santé (-8 700), les services aux entreprises (-8 400) ainsi que les services financiers, immobiliers et d'assurance (-7 200) ont enregistré les principaux reculs. À l'inverse, les services d'hébergement et de restauration (+13 200) ainsi que les services professionnels, scientifiques et techniques (+7 300) ont progressé.
- Sur le plan régional, les pertes ont été concentrées dans la région métropolitaine de Montréal (-35 500), où le taux de chômage est passé de 6,5 % à 7,4 %. À l'opposé, Chaudière−Appalaches (2,1 %), l'Abitibi−Témiscamingue (2,9 %) et le Centre−du−Québec (3,3 %) affichaient les plus faibles taux de chômage au Québec.
Commentaires
Au-delà des chiffres qui feront les manchettes, la faiblesse du taux d'activité mérite d'être soulignée. À 63,7 %, celui-ci se situe à son plus faible niveau depuis 2001, hormis la période pandémique. Cette tendance reflète en partie les changements démographiques. Après plusieurs années de forte croissance, la population en âge de travailler recule maintenant d'environ 1 % sur un an (graphique 2), réduisant le potentiel de croissance de l'emploi et limitant la hausse du taux de chômage.
Les autres indicateurs demeurent plus nuancés. Le secteur privé a néanmoins créé 24 100 emplois en septembre. Les heures travaillées restent toutefois en baisse de 2,4 % sur un an, ce qui témoigne d'un ralentissement de l'activité économique. Quant au salaire horaire moyen, sa croissance annuelle s'est légèrement accélérée à 3,5 %, contre 3,3 % en août. Les salaires continuent donc de progresser plus rapidement que l'inflation, signe que plusieurs segments du marché du travail demeurent relativement serrés, notamment à l’extérieur des centres urbains.
Implications
La taille du recul observé en septembre est préoccupante, mais elle est amplifiée par des mouvements inhabituels dans le secteur de l'enseignement, invitant à la prudence dans l'interprétation des résultats.
Bien que la progression du PIB réel ait surpris à la hausse au deuxième trimestre Lien externe au site., les vents contraires identifiés dans nos plus récentes Prévisions économiques et financières Lien externe au site. demeurent présents. Nous continuons ainsi d'anticiper une croissance économique modeste de 0,3 % au Québec en 2026.
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