- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : peu d’emplois suffisent désormais à stabiliser le marché du travail
Faits saillants
- En juillet, l’emploi a progressé de 700 postes au Québec, un troisième gain mensuel consécutif. Malgré cela, la perte nette depuis le début de 2026 demeure élevée à 58 800 emplois (tableau).
- Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 5,6 % (graphique 1), soit le deuxième plus faible au pays derrière le Manitoba (5,0 %) et sous la moyenne canadienne (6,4 %). Cette hausse s’explique en partie par une remontée du taux d’activité à 64,4 %, qui demeure toutefois sous son niveau d’il y a un an.
- L’emploi à temps plein a bondi de 29 300 postes en juillet, récupérant la moitié des pertes enregistrées depuis janvier (‑29 300). Ce gain a été contrebalancé par un recul de 28 600 emplois à temps partiel. Les baisses dans les secteurs public (‑4 400) et privé (‑9 600) ont été compensées par une hausse du travail autonome (+14 700).
- Sur le plan sectoriel, la construction (‑16 500) a enregistré le principal recul en juillet. Depuis le début de l’année, les pertes demeurent concentrées dans la construction (‑29 300) et la fabrication (‑22 300).
- Sur le plan régional, le taux de chômage a atteint un creux de 1,5 % à Chaudière‑Appalaches et est demeuré sous 4 % dans plusieurs régions, dont le Saguenay–Lac‑Saint‑Jean (2,9 %), l’Abitibi‑Témiscamingue (2,9 %), l’Estrie (3,3 %), Lanaudière (3,4 %) et le Centre‑du‑Québec (3,5 %). À l’inverse, Montréal affichait le taux le plus élevé, à 8,0 %.
Commentaires
Le marché du travail québécois montre des signes de stabilisation après un début d’année difficile. La hausse du taux de chômage en juillet s’explique par un rebond du taux d’activité après le creux du printemps, un signal positif.
La principale bonne nouvelle du rapport est le rebond de l'emploi à temps plein. La faiblesse observée depuis le début de 2026 demeure relativement répartie entre les secteurs public et privé ainsi que le travail autonome. Sur le plan sectoriel, les pertes cumulatives restent concentrées dans les industries productrices de biens (‑56 900), alors que les services demeurent légèrement en croissance. Les services professionnels, scientifiques et techniques (+27 700) ainsi que l'hébergement et la restauration (+19 500) se distinguent depuis le début de l’année, cette dernière industrie profitant de la vigueur du tourisme intérieur Lien externe au site. et de l'attrait persistant du Québec auprès des visiteurs étrangers.
Les autres indicateurs demeurent mitigés. Les heures travaillées étaient en baisse de 0,3 % sur un an en juillet, néanmoins l'un des meilleurs résultats de la dernière année. Quant à la croissance du salaire horaire moyen, elle a ralenti à 3,4 %, un rythme plus près de l'inflation (graphique 2).
Implications
La baisse de la population en âge de travailler (‑0,9 % sur un an en juillet) réduit fortement le potentiel de croissance de l'emploi au Québec (graphique 3). Dans ce contexte, peu de nouveaux postes sont nécessaires pour maintenir l'équilibre du marché du travail. La contrepartie est que les perspectives de croissance économique demeurent limitées, à moins d'un regain marqué de la productivité.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.