- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : le marché du travail envoie des signaux contrastés d’un mois à l’autre
Faits saillants
- En mai, l’emploi a progressé de 13 200 postes au Québec, ce qui réduit la perte cumulée à 73 800 emplois depuis le début de l’année (tableau).
- Le taux de chômage a reculé de 0,6 point pour s’établir à 5,6 % (graphique 1), soit le deuxième plus faible au Canada (6,6 %), derrière le Manitoba (5,5 %). Cette baisse s’explique en partie par un recul marqué du nombre de personnes à la recherche d’un emploi, le taux d’activité s’établissant à 64,1 %, son plus bas niveau depuis les mois de fortes restrictions sanitaires durant la pandémie.
- L’emploi à temps plein a fortement augmenté, de 51 800 postes, ce qui a permis d’effacer environ la moitié des pertes enregistrées plus tôt en 2026. Le secteur privé a aussi rebondi avec un gain de 25 300 emplois, récupérant environ la moitié des quelque 50 000 postes perdus au cours des quatre mois précédents.
- Parmi les secteurs, les pertes cumulées depuis le début de l’année se concentrent dans la construction (-15 900), la fabrication (-16 100), le commerce de détail et de gros (-18 000), la finance et les assurances (-25 000) ainsi que les services d’éducation (-26 100). À l’inverse, les services professionnels, scientifiques et techniques (+19 100) affichent la hausse la plus marquée.
- La création nette d’emplois s’est concentrée dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, avec un gain de 35 300 postes. Dans environ la moitié des régions administratives, le taux de chômage a reculé sur un an, avec toutefois des hausses remarquées dans les Laurentides ainsi que sur la Côte‑Nord et dans le Nord‑du‑Québec (graphique 2).
Commentaires
Les mois se suivent et ne se ressemblent pas. Si le marché du travail montre des signes d’essoufflement en première moitié d’année, aucune tendance claire ne se dégage quant à une amélioration ou une détérioration de la situation. Le taux de chômage demeure comparable à celui observé à pareille date l’an dernier (5,8 %). Par ailleurs, malgré la faiblesse de l’emploi à temps plein, la proportion de travailleurs à temps partiel souhaitant un emploi à temps plein (selon la mesure R7 de sous-utilisation du travail) n’est pas en hausse notable.
Après un mois en territoire positif, attribuable à des effets de base liés à l’an dernier, les heures travaillées repassent en zone négative sur 12 mois, avec un recul de 2,5 %. Le pouvoir d’achat des travailleurs se maintient néanmoins, la croissance annuelle des salaires s’établit à 4,7 %, soit un rythme supérieur à l’inflation (3,0 %), dont la remontée récente s’explique par la crise au Moyen‑Orient.
Implications
Au-delà des données volatiles, la répartition des pertes d’emplois sur cinq mois, avec un seul secteur affichant une progression appréciable, témoigne d’un manque de vigueur assez généralisé au sein du marché du travail québécois. Cela concorde avec notre scénario pour le PIB de la province, qui devrait afficher une croissance modeste en 2026 Lien externe au site., en l’absence de moteurs clairement identifiables.
L’accès à la main-d’œuvre, notamment, continuera de constituer un frein, y compris dans les segments moins exposés à la guerre commerciale. La population en âge de travailler (15 à 64 ans) poursuit en effet son recul à un rythme rarement observé, ce qui limite le potentiel de reprise (graphique 3).
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.