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Nouvelles économiques

Québec : le marché du travail se stabilise après un début d’année difficile

10 juillet 2026
Sonny Scarfone
Économiste principal

Faits saillants

  • En juin, l’emploi a progressé de 14 300 postes au Québec, ce qui ramène à 59 500 la perte nette enregistrée depuis le début de 2026 (tableau).
  • Le taux de chômage a diminué de 0,2 point de pourcentage en juin pour s’établir à 5,4 % (graphique 1), à égalité avec le Manitoba au premier rang des provinces (Canada : 6,5 %). De son côté, le taux d’activité est demeuré pratiquement inchangé à 64,2 %, un niveau qui reste historiquement faible.
  • L’emploi à temps plein est demeuré stable (-300) en juin, mais accuse encore un recul de 58 600 postes depuis le début de l’année. À l’inverse, l’emploi à temps partiel a rebondi de 14 700 postes, effaçant presque entièrement les pertes cumulées des cinq premiers mois de 2026 (-800). Les gains du mois proviennent essentiellement du secteur privé.
  • Depuis le début de l’année, les pertes d’emplois se concentrent dans la fabrication (-26 700), les services financiers et d’assurance (-26 600) ainsi que les services d’éducation (-27 100). À l’opposé, les services professionnels, scientifiques et techniques (+28 300) et les services d’hébergement et de restauration (+24 000) affichent des gains soutenus.
  • Pour un deuxième mois consécutif, la création nette d’emplois s’est concentrée dans la région métropolitaine de Montréal, avec un gain de 23 600 postes en juin, ce qui a permis d’effacer les pertes enregistrées durant l’hiver. Dans le reste du Québec, le taux de chômage a reculé sur un an dans les deux tiers des régions administratives, bien qu’il ait augmenté plus fortement dans les Laurentides et en Mauricie (graphique 2).



Commentaires

Le marché du travail québécois, qui s’était détérioré entre février et avril, semble maintenant se stabiliser. Le taux de chômage est redescendu à 5,4 %, sous son niveau de juin 2025 (6,2 %), alors que les effets de la guerre commerciale amorcée par l’administration américaine commençaient à se refléter dans les indicateurs économiques. Si les difficultés demeurent particulièrement prononcées dans la fabrication, le ralentissement est désormais plus diffus, touchant aussi le commerce de gros et de détail, les services financiers ainsi que certains segments du secteur public.

À court terme, même une faible création d’emplois demeure un scénario somme toute favorable. La population en âge de travailler recule de 0,7 % sur un an, un phénomène sans précédent depuis le début des séries statistiques il y a plus de 50 ans (graphique 3). Dans ce contexte, la faiblesse persistante de l’emploi à temps plein n’est pas surprenante, alors qu’une population vieillissante se dirige graduellement vers la retraite en privilégiant davantage le travail à temps partiel. Cette tendance se reflète d’ailleurs dans d’autres indicateurs de Statistique Canada, notamment l’absence de hausse de la proportion de travailleurs à temps partiel involontaire.


Par ailleurs, les heures travaillées demeurent en baisse de 2,1 % par rapport à juin 2025, ce qui limite le potentiel de croissance économique de la province. Cette tendance à la baisse des heures travaillées est d’ailleurs en place depuis plusieurs mois. Malgré une inflation de 3,6 % le mois dernier Lien externe au site., le pouvoir d’achat des travailleurs continue toutefois de progresser grâce à une croissance annuelle des salaires de 4,7 % (contre 3,3 % pour l’ensemble du Canada). La rareté de main-d’œuvre dans certains secteurs et régions contribue sans doute à soutenir cette dynamique. À titre d’exemple, le taux de chômage est passé sous la barre des 2 % en Chaudière‑Appalaches.

Implications

L’économie québécoise continue de montrer des signes d’essoufflement, comme l’indique le plus récent rapport sur la production intérieure brute Lien externe au site.. Au-delà de la volatilité inhérente aux données mensuelles, la tendance demeure celle d’une croissance modeste en 2026 Lien externe au site.. Dans un contexte de recul de la population en âge de travailler et des heures travaillées, les contraintes de main-d’œuvre continueront de limiter le potentiel de croissance de la province.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.