- Laura Gu
Économiste senior
Point de vue économique
Une perspective nationale plus faible cache une économie divisée
8 juin 2026
Faits saillants
- L’escalade du conflit en Iran nous amène à revoir notre scénario de base pour y intégrer une perturbation prolongée des marchés mondiaux du pétrole. L’incidence globale sur le Canada devrait être légèrement positive à l’échelle nationale, conformément aux estimations de la Banque du Canada, grâce notamment aux transferts fédéraux et aux mesures d’allégement fiscal. Toutefois, ces mesures ne compensent pas entièrement les disparités régionales. Les prix élevés du pétrole stimulent l’activité dans les régions productrices d’énergie grâce à l’augmentation des revenus et à de plus gros investissements à mesure que les producteurs accélèrent la cadence. En revanche, cette situation crée un obstacle à la croissance des provinces importatrices de pétrole, car la hausse des coûts de l’énergie fait grimper les coûts de production et mine le pouvoir d’achat réel des ménages.
- Les régions manufacturières font face à un double choc : les tarifs douaniers américains sur les biens en métal affaiblissent la demande extérieure, tandis que la hausse des prix du pétrole augmente les coûts de transport et de production. L’effet est particulièrement prononcé dans le centre du Canada, qui dépend des industries manufacturières et de transport. Les données publiées pour le premier trimestre de 2026 pointent également vers une faiblesse plus marquée qu’anticipé, ce qui entraîne une révision à la baisse des perspectives de croissance globale. Comparativement à nos perspectives provinciales de février, les projections de croissance se sont affaiblies dans le centre du Canada, mais sont demeurées dans l’ensemble stables pour les provinces productrices d’énergie (graphique 1).
- La hausse du prix du pétrole devrait favoriser la croissance dans les provinces productrices, mais des oléoducs qui fonctionnent presque à plein rendement et des projets d’expansion qui progressent au ralenti limiteront cette avancée. Bien que l’on prévoie une hausse des investissements, l’accent mis par l’industrie sur la discipline financière et l’efficience laisse entrevoir une réaction plus modérée que dans les cycles précédents.
- La dernière imposition de droits de douane liés aux métaux Lien externe au site. a élargi la gamme de produits manufacturés visés, le Québec, l’Ontario et le Manitoba étant les plus touchés. Par conséquent, les taux effectifs des tarifs ont grimpé d’un bout à l’autre du pays, mais plus particulièrement dans le centre du Canada. L’augmentation des exportations vers les marchés non américains a aussi offert une certaine forme de compensation, bien que la diversification au-delà des métaux, des mines et de l’énergie demeure limitée.
- L’inflation a été revue à la hausse, principalement à cause de l’énergie. Le Canada atlantique est touché de façon disproportionnée en raison de son exposition plus importante. Bien que les prix des aliments augmentent également, les retombées sont plus modestes et largement partagées entre les provinces.
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