- Francis Généreux
Économiste expert
États-Unis : l’inflation ralentit en juillet, mais les prix de l’énergie devraient à nouveau hanter la conjoncture en août
Faits saillants
- L’indice américain des prix à la consommation a augmenté de 0,1 % en juillet, après une baisse de 0,4 % en juin et une hausse de 0,5 % en mai. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,2 % en juillet après avoir stagné en juin.
- La variation annuelle de l’IPC total est passée de 3,5 % en juin à 3,4 % en juillet. L’inflation de base a ralenti de 2,6 % à 2,5 %.
Commentaires
Après la poussée du début du printemps, la hausse du coût de la vie s’est atténuée en juin et en juillet. L’inflation est ainsi passée d’un sommet récent de 4,2 % en mai à 3,4 % en juillet. Cela demeure toutefois élevé; l’inflation totale était de 2,4 % seulement en début de 2026 et de 2,7 % il y a un an.
Ces mouvements sont évidemment surtout causés par les prix de l’énergie, dont l’évolution dépend énormément des aléas du conflit avec l’Iran. La baisse de 2,9 % des prix de l’essence en juillet reflète les effets de l’apaisement de la situation à la fin du printemps et au début de l’été. Les prix hebdomadaires à la pompe ont enregistré un creux temporaire au début de juillet. Le hic, c’est qu’ils remontent depuis et se rapprochent à nouveau des 4 $ US le gallon en moyenne nationale. Il faut donc s’attendre à ce que, après deux mois de contribution négative des prix de l’énergie sur la variation mensuelle de l’IPC total, leur apport soit à nouveau positif en août.
Les Américains ont aussi pu profiter d’une rare diminution des prix à l’épicerie en juillet. C’est la première baisse depuis le mois de mars. On remarque surtout un recul de 1,0 % des prix de la viande en juillet.
Excluant les aliments et l’énergie, on note la hausse de 0,2 % des prix des biens, soit la plus forte depuis septembre 2025. Une baisse prononcée du prix des médicaments a été contrebalancée par des hausses du côté des pièces automobiles et de l’équipement informatique. Quant aux services excluant l’énergie, leur croissance a aussi été de 0,2 %. L’accalmie des coûts associés au logement semble se poursuivre, aidée en juillet par une baisse dans l’hôtellerie. Les prix des tarifs aériens continuent d’être volatils, cette fois avec un gain mensuel de 2,2 %.
Implications
Les dirigeants de la Réserve fédérale, la Maison-Blanche et les consommateurs américains se réjouiront de l’accalmie de l’inflation totale et de l’inflation de base en juillet. Que l’inflation recule après avoir atteint plus de 4 % au printemps ne peut qu’être une bonne nouvelle. D’un côté, la situation est cependant fragile et les prix de l’essence pourraient à nouveau hanter la conjoncture dès août. Si le conflit avec l’Iran s’éternise, les pressions sur les prix de l’énergie resteront élevées et l’enjeu du coût de la vie demeurera important pour les élections de mi-mandat du 3 novembre, sans compter les nouvelles menaces concernant les tarifs douaniers. D’un autre côté, la faiblesse de l’emploi et la baisse de l’inflation en juillet donnent de l’espace à la Réserve fédérale et, si l’inflation de base ne s’accélère pas, les taux directeurs pourraient rester inchangés pour le reste de 2026.
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