- Francis Généreux
Économiste expert
États-Unis: l’inflation demeure stable en août, mais les prix de l’essence continueront d’influencer le coût de la vie
Faits saillants
- L’indice américain des prix à la consommation a augmenté de 0,4 % en août, après une hausse de 0,1 % en juillet et une baisse de 0,4 % en juin. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,3 % en août, après un gain de 0,2 % en juillet.
- La variation annuelle de l’IPC total est demeurée à 3,4 % en août, comme en juillet. L’inflation de base a ralenti de 2,5 % à 2,4 %.
Commentaires
L’évolution des prix à la consommation en août est conforme à nos prévisions et proche de celles du consensus. On remarque aussi que le mouvement baissier qui s’était installé au lendemain du récent sommet des prix de l’essence en mai s’est maintenant arrêté. L’inflation totale est plus basse que les 4,2 % de mai mais, à 3,4 %, elle demeure un point de pourcentage plus élevé qu’en février, soit avant le début du conflit avec l’Iran.
Le tiers de la hausse mensuelle de 0,4 % de l’IPC total est dû au bond de 3,9 % des prix de l’essence. Cette hausse fait suite à deux mois successifs de reculs. La hausse des prix du mazout a même été encore plus prononcée en août. L’effet sur l’ensemble des prix de l’énergie a cependant été amenuisé par des baisses du côté de l’électricité et du gaz naturel. Il faut s’attendre à ce que les prix de l’essence jouent encore un grand rôle dans les mois subséquents. Jusqu’à maintenant, le prix à la pompe a déjà grimpé de 5,3 % en septembre et les circonstances ne laissent pas croire à une accalmie soudaine. La moyenne nationale du prix du carburant diésel a même dépassé les 6 $ US le gallon dans les derniers jours, un sommet historique. On s’attend donc à ce que l’énergie apporte une nouvelle contribution positive aux variations mensuelles et annuelles de l’IPC total en septembre et possiblement en octobre.
Les prix des aliments continuent de se montrer plus tranquilles, palliant ainsi la hausse des prix de l’énergie. Les prix à l’épicerie ont stagné en août, après une modeste baisse en juillet.
Excluant les aliments et l’énergie, la croissance mensuelle de 0,3 % de l’IPC de base est la plus forte depuis avril. Le gain a été plutôt modéré du côté des biens, soit 0,1 %, après une hausse de 0,2 % en juillet. Cela a été aidé par une baisse des prix des médicaments et des téléphones cellulaires qui a plus que contrebalancé les hausses observées du côté des automobiles et des appareils électroménagers. Quant aux prix des services excluant l’énergie, leur croissance a été un peu plus forte qu’au cours des mois précédents. On observe des accélérations du côté de l’hôtellerie et des services de transport, notamment des tarifs aériens (+2,7 % m/m). Si l’on regarde les services de base excluant le logement, la hausse mensuelle est de 0,5 %, soit la plus forte depuis janvier.
Implications
L’inflation est demeurée stable en août, mais les risques demeurent pour le moment orientés à la hausse. Les prix du pétrole et de l’essence ont repris une tangente haussière considérable au cours des dernières semaines et des derniers jours, et alimenteront une progression de l’inflation dès septembre. Les prix du diésel risquent d’influencer les coûts de transport et les prix autres que l’énergie. Ces risques, jumelés à la meilleure tenue du marché du travail, pourraient faire pencher la balance vers une augmentation des taux directeurs à la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) qui se conclura mercredi prochain. Cela dit, le style moins conventionnel de Kevin Warsh laisse planer la possibilité d’une surprise, mais une hausse des taux dès la semaine prochaine réduirait la probabilité que la Fed doive ajuster sa politique lors de sa réunion de la fin octobre, soit tout juste avant les élections de mi-mandat.
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