- Francis Généreux
Économiste expert
États-Unis : l’inflation continue de s’accélérer
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,5 % en mai, après des hausses de 0,6 % en avril et de 0,9 % en mars. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,2 % en mai, après un gain de 0,4 % en avril.
- La variation annuelle de l’IPC total est passée de 3,8 % en avril à 4,2 % en mai. La hausse de l’inflation de base est plus modeste, soit de 2,8 % à 2,9 %.
Commentaires
La hausse du coût de la vie se poursuit de plus belle aux États‑Unis. Encore une fois en mai, ce sont les prix de l’énergie qui ont fortement contribué à l’augmentation de l’IPC total. La progression des prix de l’essence a même été plus vive en mai (variation mensuelle de +7,0 %) qu’en avril (+5,4 %), bien que cela demeure relativement modeste par rapport au sursaut de mars (+21,2 %). Si l’on compare avec l’an dernier, la hausse des prix de l’essence est de 40,5 %. Bien que la situation en Iran et dans le détroit d’Ormuz demeure hautement volatile, on sent que jusqu’à maintenant en juin, les pressions sont davantage à la baisse. Au début de cette semaine, les prix à la pompe étaient 8,4 % plus bas qu’à la mi-mai. Il se pourrait donc que les prix de l’énergie commencent à contribuer négativement à la variation mensuelle de l’IPC dès le présent mois.
D’autres facteurs sont aussi plus encourageants. On peut remarquer que les prix des aliments ont connu une croissance moins fébrile en mai qu’en avril, notamment du côté des prix en épicerie. Les prix de la viande ont enregistré une rare diminution. Une accalmie des prix des aliments serait particulièrement bienvenue chez les ménages américains. Il est encore trop tôt pour voir si les quelques cas répertoriés au Texas de screwworm touchant certains animaux auront tôt ou tard un effet haussier sur les prix de la viande.
Excluant les aliments et l’énergie, la situation semble revenir à la normale avec une croissance mensuelle de 0,2 %, ce qui représentait la moyenne des six mois qui ont précédé l’accélération d’avril. On peut même observer en mai la première baisse mensuelle des prix des biens (excluant les aliments et l’énergie) depuis mai 2025. Une baisse prononcée du prix des médicaments et une diminution du prix des véhicules automobiles neufs ont appuyé ce recul. Du côté des services excluant l’énergie, la croissance a été de 0,3 %, soit moins que la hausse de 0,5 % enregistrée en avril. On observe une accalmie du côté du logement et de l’assurance automobile. La variation annuelle des prix des services excluant l’énergie et le logement a cependant atteint son plus haut taux depuis février 2025.
Implications
La situation inflationniste américaine dépend encore beaucoup de la situation géopolitique au Moyen‑Orient. À moins d’un revirement de situation qui ferait à nouveau bondir les prix du pétrole et de l’essence, il semble que le sommet de l'inflation totale pourrait bien avoir été atteint en mai, bien que des risques haussiers persistent. Pour l'instant, nous prévoyons que la variation annuelle de l’IPC total repassera sous les 4 % dès juin. Dans cette situation et avec une inflation de base qui resterait relativement stable, on peut s‘attendre à ce que le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, et ses collègues gardent les taux directeurs inchangés à la réunion de la semaine prochaine.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.