- Marc-Antoine Dumont
Économiste senior
Réserve fédérale : le maintien du statu quo
Selon la Réserve fédérale (Fed)
- La Fed a gardé ses taux directeurs inchangés. Le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux se situe dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %.
- L’activité économique progresse à un rythme soutenu malgré l’incertitude élevée, due en partie au conflit au Moyen‑Orient. La croissance de la productivité et l’investissement en capital sont robustes. Le taux de chômage a peu changé alors que la création d’emplois a suivi le rythme de la population en âge de travailler.
- L’inflation demeure élevée par rapport à l’objectif de 2 %, en partie en raison de chocs d’offre qui ont entraîné des hausses de prix dans certains secteurs, notamment l’énergie. Le Comité assurera la stabilité des prix.
Commentaires
La Fed a publié un communiqué sobre, presque identique à celui de juin. Elle y fait état d’une croissance soutenue, d’une inflation toujours supérieure à la cible et d’une incertitude accrue au Moyen‑Orient. Cette prudence s’explique par des signaux contrastés. L’inflation a surpris à la baisse en juin et les prix de l’énergie ont connu des fluctuations, mais ces derniers ont récemment rebondi avec la reprise des affrontements entre les États‑Unis et l’Iran. Dans ce contexte, trois gouverneurs ont voté en faveur d’une hausse de 25 points de base du taux directeur.
Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a également souligné la hausse des taux obligataires et la vigueur de l’investissement des entreprises au cours des quatre derniers trimestres, notamment dans l’intelligence artificielle. Il a réaffirmé sa volonté de limiter les indications prospectives et de privilégier une approche fondée sur les données. Selon lui, les tendances de fond importent davantage qu’une observation mensuelle isolée, comme la faiblesse inattendue de l’inflation en juin.
Ces tendances demeurent toutefois préoccupantes. L’inflation dépasse la cible depuis plus de cinq ans, tandis que l’économie américaine et le marché du travail continuent de faire preuve d’une résilience remarquable. Parallèlement, l’intelligence artificielle, les tarifs douaniers et le conflit avec l’Iran constituent d’importantes sources d’incertitude et de pressions haussières sur les prix à court terme. Malgré ces risques, le communiqué et les propos du président présentent une orientation plutôt accommodante.
Kevin Warsh a rappelé que la priorité de la Fed demeure le retour de l’inflation à la cible de 2 %. Dans ce contexte, la décision et le discours de la banque centrale paraissent quelque peu contradictoires. À tort ou à raison, le président de la Fed estime que certaines tendances produisent leurs effets avec un décalage, notamment les gains de productivité découlant des investissements dans l’intelligence artificielle. D’autres chocs, comme les tarifs douaniers et la hausse des prix de l’énergie, pourraient avoir des effets plus circonscrits. L’analyse du Comité repose donc sur une inflation localisée et temporaire, conjuguée à des forces désinflationnistes à plus long terme.
Implications
Le maintien du statu quo n’a rien de surprenant et était anticipé par l’ensemble des prévisionnistes. L’absence de biais explicite ou implicite laisse penser que ce sera la même chose pour les prochaines réunions.
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