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L'Essentiel de la politique monétaire

Réserve fédérale : nouveau président, nouveau communiqué, même politique monétaire

17 juin 2026
Francis Généreux
Économiste expert

Selon la Réserve fédérale (Fed)

  • La Fed a gardé ses taux directeurs inchangés. Le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux se situe dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %.
  • L’activité économique progresse à un rythme soutenu malgré l’incertitude élevée, due en partie au conflit au Moyen‑Orient. La croissance de la productivité et l’investissement en capital sont robustes. La création d’emplois a suivi le rythme de la population en âge de travailler, et le taux de chômage a peu changé.
  • L’inflation demeure élevée par rapport à l’objectif de 2 %, en partie en raison de chocs d’offre qui ont entraîné des hausses de prix dans certains secteurs, notamment l’énergie. Le comité assurera la stabilité des prix.

Commentaires

Il semble que les choses changent à la Fed… sauf les taux directeurs. On savait que le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, n’était pas le plus grand admirateur de la manière de communiquer de la Fed. Il a donc profité de cette première réunion du comité de politique monétaire pour effectuer un ménage dans le communiqué accompagnant la décision. Finies les plus ou moins longues descriptions de la conjoncture, finis les éléments permettant de décrire la balance des risques perçue par la Fed et finie l’énumération de ce que la Fed considérera pour façonner sa politique monétaire. Le nouveau communiqué va directement au but : courte description de la situation de l’économie et de l’inflation. À quoi s’ajoutent deux éléments : la Fed réaffirme sa politique de maintien d’un niveau abondant de réserves dans le système bancaire et elle affirme son engagement à maintenir la stabilité des prix. Fait à noter, il n’y a pas de mention explicite de son autre mandat, soit celui de soutien au plein-emploi. Cette façon plus succincte de communiquer n’est pas sans rappeler l’ère Greenspan. Surtout, il est plus difficile d’y voir une affirmation claire du biais de la Fed envers la conduite de la politique monétaire à court et moyen terme.

Pour cela, on peut avoir plus d’informations avec les nouvelles prévisions de chacun des gouverneurs et des présidents de Fed régionales. Il est à noter que Kevin Warsh a refusé de participer à cet exercice de prévision.  À la lumière de la médiane des prévisions concernant le taux des fonds fédéraux, celui-ci resterait inchangé d’ici la fin de l’année. La médiane est cependant à cheval entre un statu quo et une hausse. Une baisse des taux directeurs serait envisagée en 2027 et une autre en 2028. Du côté de l’économie, la croissance attendue est un peu moins forte et l’inflation, plus élevée. Cela dit, la non-participation du président de la Fed rend cet exercice un peu plus trivial.

Il faut aussi mentionner que Kevin Warsh lance des travaux qui pourraient changer la manière de la Fed d’opérer, de communiquer et d’analyser la conjoncture. Cinq groupes de travail seront mis en place, soit sur : 1) les communications; 2) le niveau des actifs de la Fed; 3) l’utilisation des données; 4) la productivité et l’emploi; et 5) le cadre d’analyse de l’inflation. Il reste à voir comment les conclusions de ces groupes de travail pourraient amener des changements à la politique monétaire de la Fed.

Pour le moment, Kevin Warsh a beaucoup insisté sur l’importance de ramener l’inflation à la cible et d’assurer la stabilité des prix, ce qui pourrait être interprété comme un biais hawkish. Toutefois, le communiqué fait aussi une place à l’évolution de l’offre au sein de l’économie. En ce sens, la mention sur la croissance de la productivité et de l’investissement suggère que la Fed pourrait ne pas être pressée de remonter les taux et serait d’avis que les changements qui s’opèrent au sein de l’économie américaine aideraient, à terme, à ralentir l’inflation.

Implications

Le ton de la Fed a décidément changé. Il est difficile de voir l’apport du changement de président et celle du changement de conjoncture. Du côté des taux, elle a opté pour le statu quo et l’absence de biais explicite ou implicite laisse penser que ce sera la même chose pour les prochaines réunions.

Calendrier 2026 des réunions des banques centrales


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