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L'Essentiel de la politique monétaire

Réserve fédérale : est-ce que la première hausse des taux directeurs en trois ans sera suivie d’autres?

16 septembre 2026
Nom du rédacteur
Francis Généreux
Économiste expert

Selon la Réserve fédérale (Fed)

  • La Fed relève de 0,25 % le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux, qui se situe maintenant dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %.
  • L’activité économique progresse à un rythme soutenu. Bien que l’incertitude demeure élevée, notamment en raison des développements géopolitiques, les dépenses intérieures ont été résilientes. La croissance de la productivité est forte et l’investissement des entreprises est robuste. La création d’emplois a suivi le rythme de la population en âge de travailler, et le taux de chômage a peu changé.
  • L’inflation demeure élevée. La décision de politique monétaire d’aujourd’hui favorisera un retour plus rapide de l’inflation vers l’objectif de 2 %. Le comité assurera la stabilité des prix.

Commentaires

Pour la première fois depuis l’été 2023, le comité de politique monétaire de la Fed a opté pour une hausse des taux directeurs. De plus, cette décision est unanime, alors que la précédente réunion montrait certaines dissidences. Il y a quelques semaines encore, l’éventualité d’un resserrement monétaire à cette réunion aurait fait sourciller. Toutefois, les principaux indicateurs économiques publiés depuis un mois, notamment concernant l’inflation et le marché du travail d’août, militaient pour une telle décision. Il n’y a donc pas vraiment de surprise. Une très grande majorité du consensus (93 sur 110) des prévisionnistes tablait sur une hausse de 25 points, tout comme les marchés à terme.

Qu’en est-il pour les prochaines réunions? Depuis que Kevin Warsh dirige la Fed, les indications prospectives se font rares. Il n’y a d’ailleurs rien dans le communiqué laconique publié aujourd’hui qui suggère quelque mouvement que ce soit pour la réunion qui se terminera le 28 octobre. Cela dit, les prévisions publiées aujourd’hui par les dirigeants de la Fed suggèrent une autre hausse de taux de 25 points d’ici la fin de l’année. Deux dirigeants anticipent le statu quo, douze voient les taux finir 2026 à 4,25 % (une hausse) et quatre autres, à 4,50 % (deux hausses). Il y a donc un biais un peu plus hawkish. Rappelons toutefois que Kevin Warsh ne participe pas à cet exercice.

Du côté des prévisions économiques, elles ont peu changé depuis celles publiées en juin. La croissance du PIB réel a été légèrement révisée à la hausse pour 2026 et pour 2027. Les prévisions du taux de chômage ont été revues modestement à la baisse et celles d’inflation, à la hausse. La décision d’aujourd’hui semble donc avoir été motivée davantage par les risques entourant le scénario que par un réel mouvement de l’économie par rapport aux attentes précédentes. Sans compter l’effet de la décision prise aujourd’hui et de celles à venir.

En conférence de presse, Kevin Warsh a réitéré qu’il n’aimait pas les indications prospectives et qu’il ne voulait pas préjuger des décisions que la Fed prendra à l’avenir. Il a donc plutôt fourni des arguments concernant la décision de hausser les taux aujourd’hui sans suggérer que c’est le début d’un mouvement qui pourrait se poursuivre. La résilience de l’économie, la force de l’inflation et l’évolution de la situation géopolitique semblent avoir été au cœur de la hausse de 25 points. On peut donc supposer que si ces constats sont encore valables, les dirigeants de la Fed pourraient encore augmenter leurs taux d’ici la fin de l’année.

Évidemment, la décision d’aujourd’hui ne plaira pas au président Trump. Ce dernier a fortement critiqué, voire insulté, Jerome Powell parce qu’il ne baissait pas les taux, alors quoi penser d’une hausse! Pour le moment, l’occupant de la Maison‑Blanche n’a pas encore réagi. Peut-être qu’il laisse la chance au coureur, même si l’on pouvait présumer au printemps que Warsh avait été nommé en se montrant ouvert aux souhaits dovish du président. Un resserrement de la politique monétaire à l’approche des élections de mi-mandat pourrait faire sourciller. Toutefois, le combat contre la hausse du coût de la vie est un enjeu majeur pour les électeurs.

Implications

Si la conjoncture américaine poursuit sur sa lancée avec une croissance assez résiliente, mais des pressions inflationnistes encore présentes, la Fed pourrait hausser les taux encore une fois d’ici la fin de l’année. Cependant, il faudra voir si le marché du travail continue de s’améliorer comme en août et, surtout, comment évolueront la situation géopolitique, les prix de l’énergie et l’inflation de base dans les prochains mois. Rien n’est encore sûr.

Calendrier 2026 des réunions des banques centrales


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