- Marc-Antoine Dumont
Économiste senior
États-Unis : les employeurs appliquent les freins en juillet
Faits saillants
- L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu une perte nette de 23 000 emplois en juillet, après la création de 20 000 emplois en juin (chiffre révisé de 57 000) et de 63 000 emplois en mai (chiffre révisé de 129 000).
- Le salaire horaire moyen a de nouveau augmenté de 0,1 % en juillet. La variation annuelle est passée à 4,0 %.
- Le taux de chômage a diminué, passant de 4,2 % en juin à 4,1 % en juillet. La baisse provient principalement d’un recul de la population active.
Commentaires
Après avoir enregistré de solides gains au premier semestre, le marché du travail semble désormais perdre de sa vigueur. L’emploi a reculé en juillet, alors que les prévisionnistes anticipaient un gain net de 80 000 postes. De plus, les révisions à la baisse des données de mai et de juin ont retranché 103 000 emplois aux estimations précédentes. La faiblesse observée en juillet n’était toutefois pas généralisée. Les pertes se sont concentrées dans quelques secteurs qui ont connu d’importants reculs, notamment le commerce de détail, avec 19 000 emplois en moins, la restauration, avec une baisse de 40 000, et les administrations publiques, qui ont perdu 53 000 postes. Parmi les 250 secteurs répertoriés, 51,8 % ont néanmoins accru leurs effectifs. Cette proportion est légèrement inférieure aux 54,2 % enregistrés en mai, mais demeure nettement supérieure aux 42,4 % observés en juillet 2025.
L’enquête auprès des ménages présente également un portrait nuancé. Le nombre de chômeurs a diminué de 178 000 entre juin et juillet, mais le recul du taux de chômage à 4,1 % s’explique principalement par une contraction de la population active de 264 000 personnes. Le taux d’activité poursuit ainsi sa tendance baissière, étant passé de 62,2 % en juillet 2025 à 61,4 % en juillet 2026. Pour l’instant, les personnes quittant la population active compensent en partie la perte de vigueur de l’emploi. Cette dynamique contribue à maintenir le marché du travail relativement tendu et les pressions salariales élevées. La rémunération hebdomadaire moyenne affichait d’ailleurs une croissance annuelle de 4,0 % en juillet.
Implications
Bien qu’un seul mois de recul de l’emploi commande une certaine prudence, particulièrement en raison de l’ampleur des révisions, le ralentissement du marché du travail paraît de plus en plus manifeste. La croissance des embauches s’affaiblit maintenant depuis cinq mois. La tâche de la Réserve fédérale s’en trouve compliquée. Le marché du travail ralentit, mais la croissance des salaires demeure forte et l’inflation est supérieure à la cible. Dans ce contexte où les risques sont presque équilibrés, nous pensons que la Réserve fédérale américaine gardera ses taux directeurs à leurs niveaux actuels pendant encore plusieurs trimestres.
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