- Kari Norman
Économiste senior
Canada : la demande de logements est demeurée stable en juillet, tandis que les mises en chantier ont reculé
Faits saillants
- Le rythme des mises en chantier au Canada a chuté à un taux annualisé de 229 000 unités en juillet. Cela dit, la moyenne mobile 6 mois est demeurée essentiellement stable à 247 000 unités, ce qui indique une tendance plus stable de la construction résidentielle. Le tableau 1 présente un résumé des principaux indicateurs de la construction résidentielle.
- Les ventes de propriétés existantes au Canada ont progressé de 0,5 % d’un mois à l’autre en juillet, selon les données désaisonnalisées. Le prix de vente moyen à l’échelle nationale ainsi que le prix de référence ont peu varié. Les deux demeurent bien en deçà des sommets historiques atteints en 2022. Le tableau 2 présente un résumé des principaux indicateurs du marché de la revente résidentielle.
Commentaires
L’activité dans la construction résidentielle au Canada a fortement reculé pour s’établir à 229 000 unités en juillet, soit son niveau le plus faible depuis plus d’un an. La baisse mensuelle est entièrement attribuable au segment, toujours volatil, des logements collectifs, tandis que la construction de maisons unifamiliales est demeurée à peu près inchangée par rapport au mois précédent (graphique 1). La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) met l’accent sur la tendance observée sur six mois. Bien qu’elle soit essentiellement stable, celle-ci se situe à son plus faible niveau depuis 15 mois et demeure environ deux fois inférieure à l’objectif de la SCHL, qui estime à 500 000 mises en chantier par année le nombre nécessaire pour rétablir les niveaux d’abordabilité observés avant la pandémie.
Sur le plan régional, la vigueur de la construction résidentielle s’est manifestée au Québec et dans les provinces maritimes en juillet. À Montréal, les mises en chantier non désaisonnalisées ont augmenté de 3 % par rapport à l’année précédente, grâce à la construction de logements collectifs. À l’opposé, les mises en chantier ont reculé en juillet de 42 % sur un an à Vancouver et de 10 % à Toronto.
Sur le marché de la revente, les ventes de propriétés désaisonnalisées ont augmenté de 0,5 % d’un mois à l’autre en juillet. À l’échelle nationale, les nouvelles inscriptions ont diminué de 1,6 % en juillet et l’inventaire s’est replié à 4,7 mois. Le ratio ventes/nouvelles inscriptions a progressé à 51,3 %, maintenant le marché national dans une situation d’équilibre. Les prix moyens et les prix de référence des propriétés ont peu varié au cours du mois.
Toronto est de nouveau entrée en territoire équilibré en juillet pour la première fois depuis mars 2024, tandis que Vancouver est demeurée un marché favorable aux acheteurs (graphique 2). Les ventes désaisonnalisées à Toronto ont augmenté pour un cinquième mois consécutif, alors que les nouvelles inscriptions ont continué de diminuer. Jusqu’à présent, ce regain d’activité ne s’est pas répercuté sur les prix, qui demeurent inférieurs aux niveaux observés à la fin de 2025. À Montréal, les ventes désaisonnalisées ainsi que le prix de vente moyen ont peu varié en juillet.
Implications
Les achats dans le secteur résidentiel semblent se redresser après un début d’année faible, bien que l’amélioration demeure inégale. La stabilité des coûts d’emprunt et l’amélioration de l’abordabilité dans les marchés les plus coûteux du Canada ont peut-être créé des occasions pour certains ménages qui avaient auparavant été exclus du marché. Néanmoins, l’incertitude économique et le ralentissement de la croissance démographique pourraient limiter le rythme de la reprise à court terme.
Les mises en chantier résidentielles, soutenues par diverses mesures gouvernementales, notamment la réduction des droits d’aménagement Lien externe au site. dans certaines municipalités, l’élimination ou la réduction de la TPS/TVH sur les habitations neuves Lien externe au site. pour les acheteurs admissibles ainsi que les programmes de financement de la SCHL destinés à la construction d’immeubles locatifs expressément conçus à cette fin, devraient demeurer plus robustes que ne le laissent présager les conditions économiques et démographiques actuelles. Les perspectives pourraient toutefois varier selon les marchés et les segments résidentiels. Par ailleurs, le boum actuel de la construction locative Lien externe au site. pourrait contribuer à une pénurie de logements en propriété dans les années à venir.
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