- Florence Jean-Jacobs
Économiste principale
Canada : les consommateurs résistent aux vents contraires en mai
Faits saillants
- Les ventes au détail ont progressé de 1,0 % d’un mois à l’autre en mai, conformément à l’estimation préliminaire de Statistique Canada ainsi qu’au consensus des prévisionnistes.
- La croissance a été généralisée : les neuf sous-secteurs ont affiché des hausses et toutes les provinces sauf une ont enregistré des gains. Voir le tableau pour plus de détails.
- Les ventes nominales des stations-service ont augmenté de 3,1 %, soutenues par la hausse des prix, qui a plus que compensé la baisse des volumes vendus.
- Les ventes chez les concessionnaires de véhicules automobiles ont progressé de 0,7 %, enregistrant ainsi une deuxième hausse mensuelle consécutive. Excluant les détaillants du secteur automobile, les ventes au détail ont augmenté à un rythme soutenu de 1,2 %.
- Les ventes de base, qui excluent les automobiles et l’essence, ont crû de 0,9 % en mai, après deux diminutions mensuelles consécutives.
- Après correction de l’effet des prix, les volumes des ventes au détail ont légèrement augmenté de 0,3 %, renversant ainsi la tendance baissière observée au cours des deux mois précédents (graphique).
- L’indicateur avancé de Statistique Canada pointe vers une hausse de 0,4 % en juin. Compte tenu du recul de l’IPC désaisonnalisé des biens observé ce même mois, cela laisse entrevoir une progression solide des volumes (supérieure à 1 %). Si cette estimation se confirme, les ventes réelles au détail pourraient afficher une croissance annualisée de 0,9 % d’un trimestre à l’autre au T2 2026, après le rebond de 5,4 % enregistré au T1.
Implications
Malgré la forte hausse des prix de l’essence provoquée par le conflit au Moyen-Orient depuis mars, les consommateurs canadiens semblent être demeurés en relativement bonne posture tout au long du deuxième trimestre.
Même si la confiance des consommateurs a atteint un creux en mai, les achats de véhicules automobiles ont progressé pour un deuxième mois consécutif. Les ménages se sont adaptés à la hausse des prix de l’essence en réduisant le nombre de litres achetés, ce qui leur a laissé une certaine marge pour effectuer d’autres achats. Avec la détente des prix de l’essence en juin, conjuguée à d’autres facteurs favorables, notamment les créations d’emplois enregistrées au cours des deux derniers mois ainsi que le versement ponctuel de la Prestation canadienne pour l’épicerie et les produits essentiels Lien externe au site. aux Canadiens admissibles le 5 juin, les perspectives du deuxième trimestre apparaissent meilleures qu’anticipé initialement.
Pour la suite, nous continuerons de mettre en balance ces facteurs favorables avec les vents contraires qui persistent, notamment l’incertitude commerciale (y compris d’éventuels nouveaux droits de douane Lien externe au site. susceptibles d’affecter les investissements et le marché du travail), la situation volatile dans le détroit d’Ormuz ainsi que le ralentissement de la croissance démographique.
À la lumière des données publiées aujourd’hui, nous prévoyons une croissance du PIB réel au T2 globalement conforme à l’évaluation de la Banque du Canada (BdC) présentée dans son Rapport sur la politique monétaire de juillet, soit 2,5 % à rythme annualisé. Nous continuons de croire que la BdC maintiendra son taux directeur inchangé pour le reste de l’année.
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