- Florence Jean-Jacobs
Économiste principale
Les consommateurs continuent de dépenser malgré la hausse des prix de l’essence
Faits saillants
- Les ventes au détail ont augmenté de 0,5 % m/m en avril, soit un dixième de point de moins que l’estimation préliminaire de Statistique Canada et que le consensus des prévisionnistes (0,6 %).
- Abstraction faite de la croissance des prix, les volumes des ventes au détail ont été stables en avril (graphique).
- Les ventes nominales ont été tirées vers le haut par les stations-service et les marchands de carburant (+5,1 %) ainsi que par les concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces (+1,7 %). Voir le tableau pour plus de détails.
- Les ventes nominales dans les stations-service ont été principalement soutenues par la hausse des prix, mais les volumes ont également progressé au cours du mois. Comme les données sur le commerce de détail excluent les taxes de vente, la suspension temporaire de la taxe d’accise fédérale sur les carburants, entrée en vigueur le 20 avril, n’a pas eu d’incidence sur les prix. Il est toutefois possible que son retrait ait influencé les volumes achetés et libéré une certaine marge dans les budgets des ménages pour d’autres dépenses.
- Les ventes au détail de base ‒ qui excluent les automobiles et l’essence ‒ ont enregistré un deuxième recul mensuel consécutif (-0,7 %). Les hausses observées chez les détaillants de matériel de jardinage et de construction ont été plus que compensées par la baisse des recettes dans les commerces d’alimentation et de boissons, les magasins de marchandises diverses ainsi que les détaillants d’articles de sport et autres commerces divers.
- Les ventes au détail d’avril ont augmenté en Alberta, au Québec et en Ontario, mais ont diminué dans la région métropolitaine de recensement de Toronto.
- L’indicateur avancé de Statistique Canada suggère une hausse appréciable de 1,0 % en mai. Il est toutefois trop tôt pour déterminer dans quelle mesure cette progression est attribuable aux prix.
Implications
Les consommateurs canadiens continuent de faire preuve de résilience, malgré les nombreux vents contraires auxquels fait face l’économie. Le premier trimestre a été favorable, les ventes au détail réelles ayant progressé de 5,0 % en variation trimestrielle annualisée. Après un recul de 0,6 % m/m en mars, les volumes des ventes au détail sont demeurés stables au début du deuxième trimestre. L’indicateur avancé pour mai est également encourageant. Si les prix des biens mesurés par l’indice des prix à la consommation s’avéraient avoir progressé à un rythme comparable à celui d’avril (0,7 %, données désaisonnalisées), cela indiquerait un retour à une croissance positive des volumes en mai. Autre élément favorable, l'importante création d'emplois enregistrée au Canada en mai.
La vigueur des ventes automobiles en avril a constitué une surprise positive, alors que les concessionnaires faisaient état, jusqu’à présent cette année, de volumes de ventes inférieurs à ceux de 2025. En mai, les 2 910 premiers véhicules électriques chinois sont entrés au Canada dans le cadre du nouvel accord commercial; toutefois, selon DesRosiers Automotive Consultants, la majorité de ces unités ne se reflétera dans les données de ventes qu’en juin.
La croissance plus lente de la population demeure un facteur défavorable, tout comme les incertitudes entourant le commerce international. Par ailleurs, malgré une possible résolution du conflit en Iran, les prix de l’essence devraient demeurer élevés cette année, ce qui réduira le pouvoir d’achat des consommateurs.
Certains éléments devraient toutefois atténuer les effets négatifs sur les revenus disponibles au cours des prochains mois, notamment les transferts budgétaires destinés aux ménages admissibles à l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les biens essentiels. Le tourisme intérieur et les dépenses au détail associées à de grands événements sportifs pourraient également fournir un soutien.
Dans l’ensemble, nous prévoyons que la consommation des ménages continuera de contribuer positivement à la croissance du PIB aux deuxième et troisième trimestres, comme ce fut le cas au cours des deux trimestres précédents. À la lumière des données publiées aujourd’hui, nous anticipons une croissance du PIB réel d’environ 1,5 % en taux annualisé au T2 2026, conformément à nos plus récentes Prévisions économiques et financières.
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