- Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint
Canada : l’excellente croissance du PIB réel au deuxième trimestre est déjà de l’histoire ancienne
Faits saillants
- Le PIB réel a progressé à un rythme annualisé de 3,3 % au T2 2026, un résultat proche du consensus des prévisionnistes économiques (3,4 %), mais supérieur à la prévision de 2,5 % formulée par la Banque du Canada (BdC) dans son Rapport sur la politique monétaire (RPM) Lien externe au site. de juillet 2026. Le tableau 1 présente davantage de détails sur les résultats.
- Par ailleurs, la croissance du PIB réel du T1 2026 a été révisée à la hausse, passant de -0,1 % à 0,3 % en rythme annualisé trimestriel par rapport à l’estimation initiale. Cette révision devrait mettre fin aux discussions sur une éventuelle récession de l’économie, ce qui vient appuyer l’analyse Lien externe au site. que nous avions présentée lors de la publication des données à la fin de mai.
- Le PIB réel mensuel a augmenté de 0,3 % en juin par rapport au mois précédent, soit légèrement plus que le consensus et que l’estimation provisoire de Statistique Canada (0,2 %). Sur une base trimestrielle, le PIB réel par industrie a progressé à un rythme annualisé de 3,6 % au T2.
- Statistique Canada prévoit que le PIB réel par industrie demeurera inchangé en juillet 2026, l’effet favorable des matchs de la Coupe du Monde disputés au Canada s’étant estompé.
Commentaires
L’augmentation du PIB réel au T2 2026 a été principalement attribuable à un rebond des exportations, qui ont enregistré leur plus forte progression trimestrielle depuis le T1 2023. La hausse la plus marquée a été observée du côté des exportations de voitures de tourisme et de camions légers, ce qui correspond au redressement de la production automobile canadienne après les reculs enregistrés au cours des deux trimestres précédents. Les importations réelles ont progressé beaucoup plus modestement, ce qui n’a que très légèrement contrebalancé la contribution des exportations nettes à la croissance (graphique 1). Une diminution des stocks a également exercé un effet compensatoire à l’élan fourni par les exportations au deuxième trimestre.
L’investissement réel a lui aussi augmenté au T2. La construction résidentielle a affiché la progression la plus importante après deux trimestres consécutifs de recul. Les investissements des entreprises ont également crû, les investissements en ouvrages de génie ayant rebondi de façon appréciable après avoir diminué au cours des deux trimestres précédents. Les entreprises ont aussi accru leurs investissements en machines et matériel, notamment dans les ordinateurs et les périphériques informatiques.
Les dépenses réelles des ménages n’ont pas été en reste et ont progressé pour un troisième trimestre consécutif. La baisse continue de la population canadienne, combinée au rebond de la croissance globale, a contribué à une augmentation du PIB réel par habitant au cours du trimestre. En conséquence, le PIB réel par habitant a récupéré la majeure partie du terrain perdu depuis 2022 (graphique 2).
La rémunération des salariés a enregistré une progression respectable au T2. Comme la croissance du revenu disponible a dépassé celle des dépenses des ménages, le taux d’épargne a atteint 3,7 %, comparativement à 3,3 % au T1. Enfin, les bénéfices d’exploitation des sociétés (mesurés par l’excédent net d’exploitation) ont enregistré leur plus forte hausse depuis le T1 2021, sous l’effet d’une forte amélioration de la rentabilité dans le secteur de l’énergie.
Implications
Bien que la forte progression du PIB réel au T2 constitue sans ambiguïté une bonne nouvelle, il importe de ne pas lui accorder une importance excessive. La solide contribution des dépenses de consommation des ménages s’explique en partie par les importants transferts fédéraux Lien externe au site. versés aux ménages à revenu faible et moyen. La forte hausse des embauches dans le secteur des soins de santé Lien externe au site. indique également que les politiques publiques ont joué un rôle important dans le dynamisme récent du marché du travail. Les dépenses associées à la Coupe du Monde Lien externe au site. ont sans aucun doute aussi soutenu la croissance au deuxième trimestre. De plus, comme une partie de cet élan s’est maintenue en juillet, nous prévoyions Lien externe au site. encore une croissance respectable au T3 la semaine dernière.
Toutefois, l’ensemble de ces données précèdent la récente intensification des tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada. Selon nos estimations Lien externe au site., les droits de douane et les mesures de représailles tarifaires actuellement en vigueur ou proposés pourraient faire passer la croissance du PIB réel d’environ 2 % en rythme annualisé trimestriel à un niveau plus près de 1 % aux T3 et T4. Il s’agit du risque baissier pour l’inflation que la BdC a mis en évidence, en contrepoids au risque haussier associé aux prix élevés de l’énergie. Cependant, la tâche de la BdC est davantage compliquée par les mesures de représailles tarifaires, qui non seulement ralentiront la croissance du PIB réel et de l’emploi, mais exerceront également des pressions à la hausse sur l’inflation intérieure. Dans ce contexte, nous maintenons notre point de vue selon lequel la BdC devrait vraisemblablement demeurer sur les lignes de côté jusqu’en 2027.
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