- Nom du rédacteur
- LJ Valencia
Économiste
Canada : le PIB réel a marqué une pause estivale en juillet
Faits saillants
- Le PIB réel du Canada est demeuré inchangé en juillet, conformément à l’estimation préliminaire de Statistique Canada et au consensus des prévisionnistes. Tant les industries productrices de biens que les industries productrices de services ont enregistré une stabilité au cours du mois. Voir le tableau pour plus de détails.
- L’estimation préliminaire de Statistique Canada pour le mois d’août indique une hausse de 0,2 % (graphique 1). Les gains observés dans les secteurs de l’extraction minière et de l’exploitation en carrière ainsi que du commerce de détail compensant la faiblesse de l’extraction de pétrole et de gaz.
Commentaires
Le PIB réel a présenté un portrait contrasté en juillet après trois mois consécutifs de croissance. Les industries productrices de biens sont demeurées inchangées, les variations observées dans plusieurs secteurs s’étant mutuellement compensées. Sous la surface, le secteur de la construction a enregistré une quatrième progression mensuelle consécutive (+1,3 % m/m), soutenue par les gains dans les ouvrages de génie, les autres activités de construction et la construction de bâtiments non résidentiels. Les services publics ont également rebondi en juillet (+1,7 %), grâce à une hausse de la production, du transport et de la distribution d’électricité. À l’inverse, le secteur manufacturier a enregistré son premier recul en quatre mois (-0,9 %), principalement en raison d’une baisse de l’activité dans la fabrication de produits du pétrole et du charbon. Enfin, l’extraction de ressources naturelles a freiné la croissance (-0,5 %), tous les sous-secteurs ayant affiché une contraction.
Parallèlement, l’ensemble des industries productrices de services n’a affiché aucune variation nette. Les services professionnels, scientifiques et techniques ont enregistré leur plus forte progression mensuelle depuis novembre 2024 (+0,3 %). Le secteur des services immobiliers et des services de location et de location à bail a connu une expansion généralisée (+0,2 %). Les services d’hébergement et de restauration ont progressé de 0,8 % au cours du mois, l’activité dans l’hébergement des voyageurs ayant augmenté en lien avec la Coupe du Monde de 2026 Lien externe au site.. À l’opposé, le commerce de détail Lien externe au site. (‑1,0 %) a pesé sur la croissance, reflétant une baisse de l’activité dans la plupart des sous-secteurs. De plus, le commerce de gros s’est affaibli (‑0,4 %), la majorité des sous-secteurs ayant reculé en juillet, à l’exception des grossistes en matériaux et fournitures de construction.
La donnée de juillet s’est traduite par un léger recul du PIB réel par habitant au Canada. Cela dit, cette mesure couramment utilisée du niveau de vie a récupéré une partie des pertes enregistrées précédemment, la croissance démographique Lien externe au site. ayant ralenti (graphique 2).
Implications
Nos estimations en temps réel suggèrent une croissance du PIB réel d’environ 2,0% à rythme annualisé au troisième trimestre de 2026. Ce résultat est supérieur à la prévision publiée par la Banque du Canada (BdC) dans son Rapport sur la politique monétaire de juillet 2026. Cela dit, le signal envoyé par les données mensuelles du PIB doit être interprété avec prudence étant donné l’ampleur des révisions historiques observées au cours des dernières années, comme le souligne notre recherche Lien externe au site..
Les données de PIB de juillet offrent une première lecture de l’économie au moment où les tensions commerciales entre le Canada et les États‑Unis commençaient à s’intensifier. Comme nous l’indiquions dans nos plus récentes Prévisions économiques et financières Lien externe au site., la hausse des droits de douane américains devrait freiner la croissance, faire augmenter le chômage et modérer quelque peu l’inflation. Toutefois, cet effet désinflationniste pourrait être plus que compensé par des mesures de représailles tarifaires. Celles-ci feraient passer le taux effectif moyen des droits de douane appliqués par le Canada aux importations en provenance des États‑Unis de moins de 3 % à plus de 6 %, ce qui exercerait des pressions à la hausse sur les prix.
Par ailleurs, le maintien de prix énergétiques élevés pourrait accentuer davantage les pressions inflationnistes si le conflit au Moyen‑Orient devait se prolonger. Combinée à une croissance du PIB réel plus forte qu’anticipé auparavant, cette situation pourrait amener la BdC à relever son taux directeur plus tôt que ce que prévoit actuellement notre scénario, qui table sur une première hausse au premier trimestre de 2027.
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