- Kari Norman
Économiste senior
Canada : la demande de logements a augmenté modestement tandis que l’offre est demeurée à la traîne en juin
Faits saillants
- Le rythme des mises en chantier au Canada a ralenti en juin, passant de 253 000 à 239 000 unités (nombre mensuel désaisonnalisé et annualisé), tandis que la moyenne mobile sur six mois a reculé de 2,8 %, pour s’établir à 248 000 unités. Le tableau 1 présente les principaux indicateurs de la construction résidentielle.
- Les ventes de propriétés existantes au Canada ont augmenté de 0,5 % par rapport au mois précédent (taux mensuel désaisonnalisé et annualisé) en juin. Le prix de vente moyen à l’échelle nationale et le prix de référence ont peu varié. Tous deux demeurent nettement inférieurs aux sommets historiques atteints en 2022. Le tableau 2 présente les principaux indicateurs du marché de la revente.
- En tenant compte de la publication d’aujourd’hui sur le marché de l’habitation, notre prévision de croissance du PIB réel au deuxième trimestre s’établit à environ 2,0 % en rythme annualisé, soit un résultat inférieur à la prévision de 2,5 % publiée par la Banque du Canada dans son Rapport sur la politique monétaire Lien externe au site. de juillet 2026.
Commentaires
La construction résidentielle au Canada a légèrement diminué en juin pour s’établir à 239 000 mises en chantier. Comme c’est généralement le cas, la majeure partie de la variation mensuelle s’est concentrée dans le segment des immeubles à logements multiples. À mi-parcours de l’année, 2026 pourrait enregistrer un creux historique pour les mises en chantier de maisons individuelles non attenantes, celles-ci étant tombées sous le seuil des 38 000 unités en juin (graphique 1). Parallèlement, le déplacement de l’activité de construction des copropriétés vers les immeubles locatifs construits expressément à cette fin se poursuit (graphique 2).
Sur le marché de la revente, les ventes de propriétés désaisonnalisées ont progressé de 0,5 % en juin par rapport au mois précédent, après avoir affiché une forte hausse de 5,5 % en mai. Pour la première fois cette année, les ventes non désaisonnalisées ont dépassé leur niveau du même mois de 2025 et se sont inscrites dans les normes saisonnières observées avant la pandémie (+0,9 % sur un an).
À l’échelle du pays, les nouvelles inscriptions ont diminué de 1,3 % en juin par rapport au mois précédent, tandis que l’inventaire est demeuré stable à 4,8 mois. Le ratio ventes/nouvelles inscriptions a augmenté pour atteindre 50,2 %, maintenant ainsi le marché canadien en situation d’équilibre. Les prix de vente moyens et les prix de référence sont demeurés inchangés au cours du mois.
Toronto et Vancouver semblent avoir franchi un point tournant. Les deux marchés évoluent vers une situation plus équilibrée, les ventes désaisonnalisées y ayant progressé plus rapidement que la moyenne nationale (+1,4 % à Toronto et +4,1 % à Vancouver), alors que les nouvelles inscriptions ont été inférieures ou comparables à la demande (−3,8 % et 0,0 %, respectivement). Les prix de vente demeurent contenus dans les deux villes : le prix moyen est essentiellement resté stable à Toronto (+0,1 %) et à Vancouver (+0,8 %). À Montréal, les ventes de propriétés ont reculé de 3,9 % par rapport au mois précédent, tandis que le prix de vente moyen a augmenté de 1,6 % en juin. Comme les nouvelles inscriptions ont progressé de 2,9 %, les acheteurs pourraient bénéficier cet été d’un peu moins de concurrence et d’un plus grand choix de propriétés. Par ailleurs, le Québec et les autres grands marchés canadiens sont demeurés généralement équilibrés selon leur ratio ventes/nouvelles inscriptions (graphique 3).
Implications
Les données récentes du marché de la revente indiquent que l’activité se redresse après un début d’année plutôt faible. La stabilité des coûts d’emprunt soutient la demande, tandis que l’amélioration de l’abordabilité dans les marchés les plus coûteux du pays a contribué à ramener certains acheteurs sur le marché. Cela dit, l’incertitude économique persistante et le ralentissement de la croissance démographique devraient limiter le rythme de la reprise de l’activité résidentielle à court terme.
Du côté de l’offre, les récentes mesures gouvernementales devraient soutenir l’activité de construction résidentielle. Les initiatives visant notamment à réduire les droits d’aménagement Lien externe au site. dans certaines municipalités, à éliminer ou à réduire la TPS/TVH sur les habitations neuves Lien externe au site. pour les acheteurs admissibles ainsi que les programmes de financement de la SCHL destinés à la construction d’immeubles locatifs construits expressément à cette fin devraient permettre de maintenir les mises en chantier à un niveau plus élevé que ce que laisseraient présager les conditions économiques actuelles et la modeste diminution de la population. Lien externe au site.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.