- Kari Norman
Économiste senior
Canada : l’élan du marché de l’habitation s’est essoufflé en août
Faits saillants
- Les ventes de propriétés existantes au Canada ont diminué de 0,7 % en août par rapport au mois précédent, sur une base désaisonnalisée. Le prix de vente moyen à l’échelle nationale a augmenté de 0,7 % sur une base mensuelle désaisonnalisée, tandis que le prix de référence est demeuré essentiellement inchangé. Ces deux mesures restent nettement inférieures à leurs sommets de 2022. Le tableau 1 présente un résumé des principaux indicateurs du marché de l’habitation.
- À la lumière des données publiées aujourd’hui, notre suivi de la croissance du PIB réel au troisième trimestre se situe dans une fourchette annualisée de 0,5 % à 1,0 %, ce qui est inférieur à la prévision présentée dans le plus récent Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada Lien externe au site..
Commentaires
Les ventes de propriétés désaisonnalisées ont diminué de 0,7 % en août par rapport au mois précédent, mettant ainsi fin à une série de quatre hausses mensuelles consécutives. Parallèlement, les nouvelles inscriptions ont augmenté de 3,3 %, ce qui a accru l’écart entre la demande et l’offre (graphique 1). Le nombre de mois d’inventaire est demeuré stable à 4,8. Bien qu’il soit élevé comparativement aux dernières années, il demeure à l’intérieur de sa fourchette à long terme, qui se situe entre environ 4,5 et 6,5 mois à cette période de l’année. À l’échelle nationale, le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions est resté en territoire équilibré, s’établissant à 49,1 %, en baisse par rapport à 51,1 % en juillet. Le prix de vente moyen a affiché une modeste progression mensuelle de 0,7 % en août, tandis que le prix de référence est demeuré essentiellement inchangé.
Les conditions sont demeurées inégales d’une région à l’autre. À Québec, les ventes désaisonnalisées ont fortement rebondi en août, effaçant leur recul de juillet, tandis que la croissance du prix moyen depuis le début de l’année a surpassé celle observée dans les autres grands marchés. À Toronto, les ventes ont légèrement diminué alors que les nouvelles inscriptions ont augmenté, faisant ainsi repasser la région en territoire favorable aux acheteurs (graphique 2). Vancouver a, pour sa part, enregistré des résultats étonnamment vigoureux, la croissance des ventes ayant dépassé celle des nouvelles inscriptions.
Implications
Le marché de l’habitation semblait avoir amorcé un virage à la fin du printemps et au début de l’été. Les ventes désaisonnalisées ont atteint en juillet leur plus haut niveau de l’année, tandis que les prix moyens avaient commencé à suivre une tendance légèrement haussière. Cet élan semble toutefois s’être essoufflé. Sur une base non désaisonnalisée, les ventes enregistrées en août 2026 ont été les plus faibles pour ce mois depuis 2012.
La hausse des rendements obligataires a entraîné une augmentation des taux hypothécaires Lien externe au site. fixes à cinq ans, réduisant ainsi l’abordabilité pour certains acheteurs potentiels. Parallèlement, l’intensification des tensions commerciales avec les États-Unis Lien externe au site. pèse sur la confiance des consommateurs, ce qui incite certains ménages à reporter leurs décisions d’achat importantes.
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