- LJ Valencia
Économiste
Canada: les prix de l’essence ont fait grimper l’inflation globale en mai
Faits saillants
- L’IPC global a augmenté de 3,2 % sur un an en mai, au-dessus du rythme d’avril (2,8 %) et des attentes des économistes (3,0 %). Les prix ont progressé de 1,0 % d’un mois à l’autre et de 0,5 % après correction des variations saisonnières. Le tableau 1 résume les principaux résultats.
Commentaires
Comme prévu, l’inflation globale mesurée par l’IPC a continué d’être alimentée par la hausse des prix de l’énergie en mai, en progression de 22,2 % sur un an, principalement en raison de l’accélération des prix de l’essence (33,2 %) (graphique 1). Le conflit en Iran Lien externe au site. a été le principal facteur à l’origine de cette hausse. Cela dit, l’augmentation annuelle des prix de l’essence demeure nettement inférieure au sommet historique atteint en juin 2022 (54,7 %), lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait accentué les incertitudes d’approvisionnement.
L’incidence de la hausse des prix de l’énergie semble s’être répercutée sur les services (2,0 % sur un an) (graphique 2). Les tarifs du transport aérien ont augmenté de 7,4 %, reflétant la progression des coûts d’exploitation des transporteurs, en particulier pour le carburant. Cela dit, les pressions ne se sont pas limitées à l’énergie. Certaines composantes liées aux biens ont continué d’afficher des hausses notables, notamment les fruits frais (5,3 %). Les biens durables ont progressé de 1,9 %, en partie en raison du renchérissement du matériel informatique, des logiciels et des fournitures (3,9 %), soutenu par une forte demande associée aux investissements dans les centres de données liés à l’IA. À l’inverse, les prix du logement ont poursuivi leur ralentissement (1,7 %). Les coûts de remplacement par le propriétaire ont reculé pour un 13e mois consécutif (-2,5 %). Les coûts d’intérêt hypothécaire ont également diminué (-0,2 %), inscrivant un 33e ralentissement annuel consécutif. À 3,5 %, la progression des loyers correspond aussi à la plus faible hausse depuis janvier 2022.
Jusqu’à présent, la hausse des prix de l’énergie ne semble pas se transmettre de façon marquée à l’inflation sous-jacente (graphique 3). La moyenne des mesures privilégiées de l’inflation de base par la Banque du Canada (BdC), soit l’IPC médian et la moyenne tronquée, a progressé au même rythme annuel que le mois précédent (2,1 %). L’inflation totale excluant les aliments et l’énergie a légèrement augmenté à 1,6 %, tandis que celle excluant les huit composantes les plus volatiles a légèrement accéléré à 2,2 %. Par ailleurs, la moyenne mobile sur trois mois, désaisonnalisée, de ces deux dernières mesures s’est accrue, passant de 0,8 % en avril à 1,1 % en mai. Enfin, en appliquant ce même calcul à la moyenne des mesures privilégiées de la BdC, celle-ci est passée de 1,8 % en mars à 2,3 % le mois dernier, un niveau qui demeure à l’intérieur de la fourchette cible de la BdC.
Implications
Malgré la surprise à la hausse de l’inflation globale aujourd’hui, il est peu probable qu’elle entraîne un changement de cap de la politique de taux d’intérêt, compte tenu des mouvements limités de l’inflation sous-jacente. Nos plus récentes prévisions Lien externe au site. tablent sur un sommet de l’inflation au deuxième trimestre de 2026, suivi d’un ralentissement graduel. Bien que d’autres surprises ne puissent être exclues, cela suggère que les pressions inflationnistes les plus importantes pourraient être passées. Cela dit, les prix de l’énergie devraient demeurer élevés pendant un certain temps, ce qui soutiendra les exportations, l’investissement et le revenu national, tout en exerçant une pression à la baisse sur la consommation Lien externe au site.. Combinés à l’incertitude entourant la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) Lien externe au site., ces risques à la baisse devraient suffire à maintenir la BdC en attente pour le reste de l’année.
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