- Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint
Canada : le recul des prix de l’énergie a contribué à ralentir l’inflation en juin
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) global a progressé de 2,8 % sur un an en juin, en ralentissement par rapport au rythme de 3,2 % enregistré en mai et légèrement inférieur aux attentes consensuelles des économistes (2,9 %). Les prix ont diminué de 0,4 % par rapport au mois précédent et ont reculé de 0,1 % après désaisonnalisation. Le tableau présente les principaux résultats.
Commentaires
Comme on s’y attendait, l’inflation totale mesurée par l’IPC a ralenti en juin en raison du recul des prix de l’énergie. Les discussions diplomatiques et une entente de cessez-le-feu provisoire ont contribué à l’apaisement des prix mondiaux du pétrole au cours du mois (graphique 1). Une forte baisse mensuelle des prix de l’essence (-10,2 % par rapport au mois précédent) a entraîné un ralentissement de la croissance annuelle des prix à la pompe, celle-ci passant à 20,5 % sur un an, comparativement à 33,2 % en mai. Bien que les prix de l’essence soient demeurés élevés par rapport aux niveaux observés avant le conflit avec l’Iran, juin 2026 a enregistré la plus importante baisse mensuelle depuis avril 2025, lorsque les prix avaient diminué à la suite de l’abolition de la taxe carbone destinée aux consommateurs.
Au-delà de la volatilité des prix de l’énergie, l’inflation hors énergie est demeurée stable en juin, à 2,1 % sur un an. La plupart des composantes de l’IPC ont affiché un ralentissement de leur rythme de progression annuelle (graphique 2). L’inflation alimentaire, notamment, s’est modérée pour atteindre 3,5 % sur un an en juin. Les prix des aliments achetés en magasin ont vu leur croissance ralentir à 3,9 %, comparativement à 4,3 % en mai. L’inflation dans le secteur des transports a également ralenti, en partie en raison de la modération de la hausse des coûts des véhicules particuliers, et ce, malgré l’augmentation des prix de location de voitures associée à une demande accrue de voyages. Par ailleurs, le coût des loisirs a augmenté de 4,3 % sur un an en juin, comparativement à 3,2 % précédemment. Cette accélération s’explique en grande partie par la hausse des prix de l’hébergement des voyageurs en raison de la Coupe du monde. Ce facteur pourrait également contribuer à expliquer l’accélération des prix des boissons alcoolisées observée au cours du mois.
En ce qui concerne les mesures de l’inflation fondamentale, la moyenne des indicateurs privilégiés de la Banque du Canada (BdC), soit l’IPC médian et l’IPC tronqué, a légèrement diminué en juin pour s’établir aux alentours de 1,9 % sur un an, comparativement à 2,1 % en mai (graphique 3). Par ailleurs, la moyenne mobile sur trois mois, exprimée en taux annualisé et désaisonnalisé, des mesures privilégiées de la BdC a ralenti, passant de 2,2 % en mai à 1,6 % le mois dernier. D’autres indicateurs de l’inflation sous-jacente présentent des signaux plus mitigés, mais ils jouent un rôle beaucoup moins important dans l’orientation de la politique monétaire.
Implications
Les résultats sur l’inflation de juin constituent, dans l’ensemble, une bonne nouvelle pour les ménages canadiens. Le recul des prix de l’énergie y a largement contribué. Toutefois, le ralentissement relativement généralisé des hausses de prix est également encourageant et laisse croire que les prix élevés de l’énergie n’ont pas encore commencé à se répercuter de manière importante dans les autres composantes de l’inflation. Le repli des mesures privilégiées d’inflation fondamentale de la BdC en juin représente également un développement favorable pour les décideurs en politique monétaire. Par conséquent, nous continuons de prévoir que la BdC maintiendra les taux d’intérêt inchangés pour le reste de l’année.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.