- Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint
C’est l’été, mais l’inquiétude règne au Canada
À l’occasion de la fête du Canada, le 1er juillet, la plupart des Canadiens et des Canadiennes profiteront d’un jour de repos bien mérité après une première moitié d’année à nouveau marquée par la volatilité. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison‑Blanche en janvier 2025, l’économie canadienne a été secouée par une série continue de chocs économiques. Et la fin n’est pas encore en vue.
Commençons par la fête du Canada. Le 1er juillet 2026 est la date officielle de la sixième révision obligatoire de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM). Ce jour-là, des représentants canadiens, américains et mexicains se rencontreront pour discuter de la possibilité de renouveler l’accord pour une autre période de 16 ans. Et il est pratiquement certain, à ce stade, que cela ne se produira pas, malgré les efforts de dernière minute déployés par le Canada et le Mexique. L’ACEUM risque donc d’être révisé annuellement pour les dix prochaines années. Décrites comme un point de contrôle plutôt que de rupture par les experts et les représentants des deux côtés de la frontière américano-canadienne, les négociations du 1er juillet ne devraient rien changer dans l’immédiat pour les exportateurs canadiens. L’exemption accordée par les États‑Unis aux marchandises conformes à l’ACEUM, qui a contribué à maintenir un taux tarifaire global relativement faible pour le Canada, devrait rester en place, du moins à court terme. Toutefois, le passage à des révisions annuelles risque d’ancrer l’incertitude pour les entreprises en ce qui concerne leur accès futur au marché américain. Cela pourrait freiner davantage l’investissement national et international ainsi que l’embauche, compte tenu de la faiblesse persistante – actuelle et anticipée – de la demande américaine pour les exportations canadiennes. Mais nous sommes loin d’un retrait pur et simple des États‑Unis de l’ACEUM – il faudrait pour cela donner un préavis de six mois. Ce scénario, s’il venait à se concrétiser, pourrait nuire gravement aux perspectives à court et à long terme de l’économie canadienne, en fonction des ententes commerciales qui seraient ultimement négociées. Quoi qu’il en soit, l’administration Trump fera ce qu’elle a l’habitude de faire, et tout nouvel accord sera probablement mis à l’épreuve peu après sa signature. (Pour en savoir plus, consultez nos scénarios Lien externe au site. relatifs à l’ACEUM).
Et puis, il y a le conflit avec l’Iran Lien externe au site.. Un cadre d’entente entre les États‑Unis et l’Iran est en place, mais demeure fragile, les deux parties brandissant des menaces au moindre signe de non-respect des conditions. Et bien que les prix du pétrole et du carburant soient redescendus de leurs sommets de crise, ils demeurent bien supérieurs aux niveaux d’avant le conflit, juste à temps pour la saison des voyages estivaux. Cette situation a contribué à faire grimper l’inflation au Canada Lien externe au site. à son plus haut niveau depuis deux ans et demi en mai 2026, à 3,2 % sur un an. Heureusement, la hausse des prix de l’énergie ne s’est pas encore répercutée de manière notable dans l’inflation sous-jacente – même si nos recherches Lien externe au site. suggèrent que ce n’est qu’une question de temps avant que les prix élevés des carburants et des engrais ne commencent à se faire sentir, ne serait-ce que modestement, dans le coût des produits non énergétiques. Mais des prix élevés et en hausse faisaient déjà mal aux ménages canadiens les plus vulnérables Lien externe au site. avant même le choc des prix de l’énergie. Le gouvernement du Canada s’est vu poussé à envoyer des chèques Lien externe au site. à hauteur de 3,1 G$ à ces ménages le 5 juin dernier, pour les aider à compenser l’inflation préalable au conflit en Iran. Le vendredi 3 juillet, soit deux jours après la fête du Canada, les ménages à revenus faibles et moyens recevront des chèques liés au crédit pour la TPS/TVH (désormais appelé l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels) dont le montant sera 25 % plus important qu’auparavant. Selon la directrice parlementaire du budget Lien externe au site., ce soutien accru aux ménages devrait coûter plus de 12 G$ sur six exercices financiers. Il devrait aider à soulager un peu plus les Canadiens et les Canadiennes qui en ont le plus besoin – même si cela ne suffira probablement pas à combler complètement le fossé d’abordabilité créé par la forte hausse des prix depuis la pandémie de COVID‑19.
Dans l’ensemble, l’incertitude économique semble appelée à perdurer Lien externe au site. au cours des prochains mois, voire des prochaines années. Pas étonnant, donc, que la confiance des entreprises et des consommateurs demeure faible au Canada. Mais même si l’été s’annonce incertain pour les ménages canadiens, ils devraient tout de même essayer d’en profiter : c’est à eux qu’appartient le beau temps, l’été durant. Bonnes vacances!
Veuillez prendre note qu’il n’y aura pas de Commentaire hebdomadaire du 29 juin au 24 juillet 2026 inclusivement. Cependant, nous continuerons de publier la section « Indicateurs économiques de la semaine ».
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