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Nouvelles économiques

Canada : le rebond de l’emploi en mai constitue un point positif dans une économie autrement morose

5 juin 2026
Laura Gu
Économiste senior

Faits saillants

  • Le Canada a créé 88 000 emplois en mai, surpassant les attentes du marché, qui tablaient sur une hausse de 10 000. Le taux de chômage a reculé de 0,3 point de pourcentage pour s’établir à 6,6 % durant le mois.
  • Le total des heures travaillées a augmenté de 0,6 % d’un mois à l’autre et de 0,3 % sur un an.
  • La croissance du salaire horaire moyen a ralenti pour atteindre 3,0 % en variation annuelle en mai, contre 4,5 % en avril. Le tableau résume les principaux indicateurs du marché du travail.
  • Les données d’emploi de mai maintiennent notre suivi de la croissance du PIB réel au deuxième trimestre à 1,5 % en rythme annualisé, soit globalement conforme aux plus récentes projections du Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC).

Commentaires

L’emploi a fortement rebondi en mai au Canada, avec un gain de 88 000 postes, effaçant en grande partie les pertes enregistrées plus tôt cette année. Cette progression est entièrement attribuable à une forte hausse de l’emploi à temps plein (+154 000) (graphique 1). Globalement, le niveau d’emploi se situe maintenant à seulement 24 500 postes sous son sommet de décembre 2025 et demeure stable en variation annuelle.


Les gains d’emploi en mai ont été généralisés, menés par la construction (+27 000), l’information, la culture et les loisirs (+19 000), le transport et l’entreposage (+19 000) ainsi que les services d’hébergement et de restauration (+17 000). L’emploi dans la fabrication a progressé de 15 000 postes durant le mois, mais il est resté stable sur un an et demeure inférieur de 44 000 emplois par rapport à janvier 2025, reflétant l’incertitude accrue dans le secteur liée aux tarifs américains.

Le taux d’activité est demeuré stable à 65,0 % en mai, bien qu’il se situe encore 0,3 point de pourcentage sous son niveau d’il y a un an. Les solides gains d’emploi combinés à une participation stable ont fait reculer le taux de chômage à 6,6 %, bien qu’il demeure supérieur au niveau de 6,4 % observé en 2024, avant les turbulences commerciales actuelles.

Chez les jeunes, l’emploi s’est amélioré, les étudiants profitant d’un marché du travail estival plus favorable que l’an dernier, même si les conditions demeurent difficiles (graphique 2). Le taux de chômage des 15 à 19 ans a reculé de 2,9 points de pourcentage pour atteindre 19,4 % en mai, mais il reste bien au-dessus de la moyenne prépandémique de 14,7 %. Chez les 20 à 24 ans, le taux de chômage a légèrement augmenté pour atteindre 10,4 %, un niveau inférieur au sommet de 11,9 % observé en août 2025, mais toujours élevé par rapport à la moyenne pré-COVID de 8,6 %.


Les gains d’emploi en mai ont été principalement enregistrés en Ontario (+42 000) et en Colombie-Britannique (+25 000). L’Alberta a ajouté 14 000 emplois, l’emploi y affichant une forte hausse de 4,1 % sur un an. Le Québec a enregistré un gain modeste (+13 000), après une baisse cumulée de 91 000 emplois au cours des trois mois précédents. L’emploi a légèrement reculé ailleurs au pays en mai.

La population en âge de travailler au Canada (15 à 64 ans) a diminué en mai, bien qu’à un rythme plus modéré (graphique 3). Cette évolution concorde avec notre scénario Lien externe au site. prévoyant deux années consécutives de recul démographique avant une reprise de la croissance.


Implications

Les gains d’emploi enregistrés en mai sont bienvenus dans un contexte où l’économie tourne au ralenti. Cela dit, une seule observation ne suffit pas à établir une tendance. Dans l’ensemble, les conditions demeurent faibles dans un contexte d’incertitude commerciale persistante. La hausse des prix de l’énergie devrait offrir un soutien modeste à l’économie, malgré une inflation plus élevée, bien que ses effets varient d’une région à l’autre. Combiné à la contraction inattendue du PIB réel au premier trimestre Lien externe au site., ce contexte renforce notre opinion selon laquelle la BdC devrait rester sur la touche pour le reste de l’année.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.