- Laura Gu
Économiste senior
Canada : les embauches ralentissent en cette fin d’été
Faits saillants
- Le Canada a perdu 42 000 emplois en août, un résultat inférieur aux attentes du marché, qui tablaient sur une hausse de 15 000. Le taux de chômage est demeuré stable à 6,4 % au cours du mois.
- Le nombre total d’heures travaillées a augmenté de 0,6 % sur un mois et de 1,4 % sur un an. La croissance du salaire horaire moyen a ralenti pour un deuxième mois consécutif, s’établissant à 2,0 % sur un an en août. Le tableau 1 résume les principaux indicateurs du marché du travail.
- Les données sur l’emploi d’août maintiennent notre prévision de croissance annualisée du PIB réel au troisième trimestre dans une fourchette de 1,0 % à 1,5 %, soit un rythme légèrement inférieur à celui prévu dans le plus récent Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada Lien externe au site..
Commentaires
L’emploi au Canada a reculé de 42 000 en août, effaçant en partie le gain de 75 000 enregistré en juillet. La baisse s’est concentrée dans l’emploi à temps plein (-36 000), tandis que l’emploi à temps partiel a diminué de 6 000.
Le recul des embauches semble davantage correspondre à une normalisation qu’au début d’un repli marqué. Les pertes ont touché les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien (-20 000), les administrations publiques (-8 800) et les ressources naturelles (-7 700), bien que l’emploi dans ces industries ait peu varié par rapport à un an plus tôt. Le secteur de la fabrication a offert le principal contrepoids, avec un gain de 22 000 emplois.
L’emploi dépasse maintenant de 27 000 son niveau de décembre 2025 et de 217 000 celui d’il y a un an. Au cours des 12 derniers mois, les gains se sont concentrés dans les soins de santé Lien externe au site. et l’assistance sociale (+129 000), l’information, la culture et les loisirs (+49 000), ainsi que le transport et l’entreposage (+47 000). Le commerce de gros et de détail a affiché la plus forte baisse (-55 000).
Le taux de chômage est demeuré stable à 6,4 %, la baisse de l’emploi ayant été accompagnée d’un recul de la participation au marché du travail. Le marché du travail reste caractérisé par de faibles embauches et peu de mises à pied : le chômage de longue durée demeure élevé, mais les licenciements restent limités (graphique 1).
La situation du marché du travail chez les jeunes demeure difficile, malgré un été plus favorable que l’an dernier Lien externe au site. (graphique 2). L’emploi des jeunes a mené le recul d’août, avec une baisse de 19 000, tandis que leur taux de chômage a légèrement augmenté pour atteindre 12,9 %. Même s’il est inférieur au taux de 14,3 % observé un an plus tôt, il demeure nettement supérieur à sa moyenne prépandémique de 10,8 %. Cette faiblesse pourrait en partie refléter les récents changements apportés aux politiques d’immigration.
Les résultats sont demeurés inégaux d’une région à l’autre (graphique 3). Le recul mensuel de l’emploi s’est concentré au Québec (-19 000) et en Ontario (-18 000). Depuis le début de l’année, le Québec et la Colombie-Britannique sont les seules provinces à avoir perdu des emplois et pourraient être touchés de façon disproportionnée par la plus récente série de droits de douane américains Lien externe au site.. La plupart des autres provinces ont enregistré des gains modestes depuis le début de l’année.
La croissance des salaires a ralenti à 2,0 % sur un an, son rythme le plus faible depuis novembre 2017 si l’on exclut les années marquées par les distorsions liées à la pandémie. Cette évolution contribue à contenir les risques d’inflation sous-jacente, mais soulève des inquiétudes quant à une baisse des salaires réels.
Implications
Alors que les risques haussiers et baissiers sur l’inflation augmentent simultanément, les résultats d’août de l’Enquête sur la population active ne devraient pas inciter la Banque du Canada Lien externe au site. à sortir de sa position d’attente. La faiblesse du marché du travail et le ralentissement des salaires témoignent des risques baissiers pour l’inflation associés à une économie probablement moins vigoureuse, alors que le retour des droits de douane américains menace la croissance. Toutefois, comme les prix élevés de l’énergie et les contre-tarifs à l’importation proposés par le Canada accentuent les risques inflationnistes, nous prévoyons que la Banque maintiendra son taux directeur à 2,25 % jusqu’à la fin de l’année, avant de le relever de 50 points de base au premier semestre de 2027.
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