- Laura Gu
Économiste senior
Canada : le marché du travail s’est amélioré en juin, mais les vents contraires persistent
Faits saillants
- L’emploi a augmenté modestement de 18 000 postes en juin, surpassant les attentes du marché, qui tablaient sur une hausse de 10 000 emplois. Le taux de chômage a diminué de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 6,5 %.
- Le total des heures travaillées a progressé de 0,2 % par rapport au mois précédent et affichait également une hausse de 0,2 % par rapport à juin 2025.
- La croissance du salaire horaire moyen s’est accélérée en juin pour atteindre 3,3 % sur un an, comparativement à 3,0 % en mai. Le tableau résume les principaux indicateurs du marché du travail.
- Les données sur l’emploi de juin maintiennent notre estimation de la croissance du PIB réel du deuxième trimestre à 1,5 % à rythme annualisé, soit un résultat généralement conforme aux prévisions présentées dans le plus récent Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC).
Commentaires
Le marché du travail canadien a terminé le deuxième trimestre sur une note légèrement plus encourageante, l’emploi ayant progressé de 18 000 postes en juin. Ce résultat renforce l’idée que l’économie s’est stabilisée après un premier trimestre plus faible. Les détails continuent toutefois de révéler un marché du travail caractérisé par une dynamique de « faible embauche, faibles licenciements ». L’emploi demeure inférieur de 6 300 postes à son sommet de décembre 2025, mais il affiche une hausse de 99 000 emplois par rapport à il y a un an, principalement grâce aux embauches dans le secteur privé (+94 000).
Les gains enregistrés en juin reflètent un contexte plus favorable pour les emplois d’été. La progression de l’emploi provient entièrement de l’augmentation du travail à temps partiel (+17 500), concentrée dans les secteurs qui embauchent traditionnellement des étudiants, notamment le commerce de gros et de détail (+16 000) ainsi que les services d’hébergement et de restauration (+15 000). À l’inverse, l’emploi a reculé dans la fabrication (-17 000) et dans la construction (-13 000).
Le taux de chômage des jeunes a diminué pour passer de 13,4 % en mai à 12,7 % en juin, soit un niveau proche des creux récents, mais toujours supérieur à la moyenne de 10,8 % observée avant la pandémie. Les conditions d’emploi estivales se sont améliorées pour les chercheurs d’emploi âgés de 20 à 24 ans, leur taux de chômage ayant reculé de 1,9 point de pourcentage par rapport au même mois l’an dernier pour s’établir à 9,4 %. Les conditions demeurent toutefois difficiles pour les cohortes plus jeunes, le taux de chômage des 15 à 19 ans n’étant inférieur que de 0,6 point de pourcentage à celui enregistré il y a un an. Le chômage de longue durée chez les jeunes demeure à son niveau le plus élevé depuis au moins deux décennies, dépassant même le sommet atteint durant les confinements liés à la pandémie (graphique 1).
Bien que les possibilités de trouver un emploi demeurent limitées, les pertes d’emploi restent contenues (graphique 2), ce qui contribue à maintenir le taux de chômage sous contrôle. Le taux d’activité est demeuré stable à 65,0 % en juin, mais il reste inférieur de 0,3 point de pourcentage à son niveau d’il y a un an. Avec une création d’emplois modeste et un taux d’activité inchangé, le taux de chômage a légèrement diminué pour atteindre 6,5 %, se rapprochant de la moyenne de 6,4 % observée en 2024 avant le récent épisode de volatilité commerciale.
Le total des heures travaillées a légèrement augmenté au deuxième trimestre (+0,9 % à rythme trimestriel annualisé), après trois reculs trimestriels consécutifs (graphique 3). La croissance des salaires s’est également accélérée, atteignant 3,3 % sur un an en juin. Elle demeure ainsi supérieure à l’inflation globale observée en mai, ce qui favorise la progression du revenu réel malgré les pressions exercées par les prix de l’énergie.
Implications
Les gains d’emploi enregistrés en juin réduisent davantage le risque de récession, mais le marché du travail demeure fragile, caractérisé par de faibles embauches et un niveau élevé de chômage de longue durée. Bien que les prix du pétrole et des carburants aient reculé par rapport aux sommets atteints durant le conflit entre les États‑Unis et l’Iran, ils demeurent supérieurs aux niveaux observés avant le conflit et continuent de présenter des risques à la hausse, ce qui alimente les pressions inflationnistes. Cela dit, l’incertitude persistante entourant la politique commerciale américaine demeure un important vent contraire tant pour la croissance économique que pour l’inflation. Dans ce contexte, l’équilibre des risques continue de favoriser une approche prudente de la BdC. Nous nous attendons à ce que la BdC maintienne son taux directeur inchangé lors de sa prochaine décision ainsi que tout au long de 2026.
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