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Commentaire hebdomadaire

Comment vont les consommateurs canadiens? Ça dépend à qui vous demandez...

29 mai 2026
Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint

Plus tôt aujourd’hui, Statistique Canada a publié les données du PIB réel pour le premier trimestre de 2026 Lien externe au site.. Les chiffres font état d’une progression des achats à la consommation au premier trimestre, y compris après ajustement pour tenir compte de l’inflation – une croissance alimentée principalement par la consommation de services. Ce résultat fait suite à une hausse annualisée de 3,9 % des volumes de ventes au détail d’un trimestre à l’autre au début de l’exercice. Somme toute, ce n’est pas un mauvais début d’année pour les consommateurs canadiens.

Les nouvelles peuvent sembler bonnes à première vue, mais les résultats plus détaillés donnent à penser que de nombreux ménages canadiens ont de la difficulté à couvrir leurs besoins essentiels. Si la comparaison entre les différentes mesures de la rémunération horaire et l’indice des prix à la consommation (IPC) total suggère que les salaires réels gagnent du terrain depuis environ le milieu de 2023, la hausse des prix des produits de première nécessité, comme le logement, l’alimentation et l’énergie, pointe vers le contraire (graphique 1). En effet, les salaires horaires médians, qui sont moins susceptibles d’être biaisés à la hausse par les ménages aux revenus les plus élevés, témoignent d’une rémunération qui a ralenti par rapport à la progression des coûts du logement, de l’alimentation et, plus récemment, de l’énergie depuis au moins quatre ans.


Ce point est important, car plus le revenu du ménage est faible, plus la part des dépenses consacrées au logement et aux aliments achetés en magasin sera élevée, même si la valeur en dollars est plus faible (graphique 2). Pour payer les biens de première nécessité dont les prix augmentent plus rapidement que les salaires, les ménages à faible revenu puisent dans leur épargne, ont recours au crédit et/ou réduisent leurs dépenses. Cette situation se reflète dans les chiffres d’épargne : de tous les contribuables, seule la moitié supérieure au chapitre des revenus est en mesure de mettre de l’argent de côté. Et encore, seuls les contribuables ayant les revenus les plus élevés voient leur capacité d’épargne augmenter chaque année – l’épargne nette du reste des Canadiens et des Canadiennes se détériore de manière généralisée.


Comme s’il n’était pas déjà assez difficile pour les ménages à revenu faible ou moyen de garder la tête hors de l’eau en 2025, le choc des prix de l’énergie Lien externe au site. en 2026 risque de rendre leur situation beaucoup plus difficile. Et cela commence déjà à s’observer dans les données. La semaine dernière, Statistique Canada a publié les chiffres sur les ventes au détail Lien externe au site. pour le dernier mois du premier trimestre de 2026, et les nouvelles n’étaient pas bonnes. Alors que les prix ont augmenté en mars, les volumes de ventes ont diminué, et il semble que le même scénario se reproduira en avril. Ces données laissent entrevoir des dépenses de consommation moroses au tournant du deuxième trimestre, après un début d’année généralement positif. Elles cadrent également avec la faiblesse du marché du travail observée depuis le début de 2026, avec une baisse de plus de 110 000 emplois depuis la fin de 2025, selon l’Enquête sur la population active (EPA).

Heureusement pour les consommateurs canadiens, de l’aide est en route. Le 5 juin, le gouvernement fédéral prévoit transférer 3,1 G$ aux ménages à revenu faible ou moyen par l’entremise de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, un paiement unique qui sera versé à tous les bénéficiaires actuels du crédit pour la TPS/TVH. Selon notre analyse Lien externe au site., ce transfert devrait principalement bénéficier aux familles dont le revenu familial net est de 50 000 $ ou moins. Le directeur parlementaire du budget Lien externe au site. estime que cela représentera environ 252 $ par bénéficiaire. Cette mesure devrait stimuler les chiffres de consommation au troisième trimestre, et peut-être même soutenir les dépenses de consommation en juin. Et à compter de juillet 2026, le crédit annuel pour la TPS/TVH sera rehaussé de 25 %. Si l’on intègre ces mesures politiques à notre cadre d’analyse, il semble que la croissance de la consommation pourrait être jusqu’à 0,5 point de pourcentage plus élevée aux deuxième et troisième trimestres de 2026 (rythme annualisé) qu’elle ne l’aurait été sans ce transfert de revenus (graphique 3). Bien entendu, cela s’ajoute à l’élimination de la taxe d’accise fédérale sur l’essence qui est entrée en vigueur le 20 avril et qui sera maintenue jusqu’à la fête du Travail, même si l’effet de celle-ci a rapidement été effacé par la volatilité continue des prix du pétrole.


Au Québec, le gouvernement provincial a prévu des mesures additionnelles d’allègement du coût de la vie. Il a annoncé qu’une série de produits dans les épiceries et les pharmacies seront exemptés de la TVQ de façon permanente. Il s’est également engagé à offrir une bonification ponctuelle de la composante TVQ du crédit d’impôt pour solidarité, une mesure qui profitera surtout aux ménages à revenu faible ou moyen. Il accordera finalement un rabais ponctuel de 50 $ sur les droits d’immatriculation. Ces mesures surviennent dans un contexte budgétaire délicat, et à quelques mois d’une élection au Québec. Il demeure que, lorsque combinées aux mesures fédérales, elles apporteront un certain soutien aux ménages québécois pour affronter la hausse du coût de la vie.

Tout compte fait, même si les temps sont difficiles pour de nombreux ménages canadiens, les annonces politiques récentes devraient aider à amoindrir le choc. C’est sans doute une mince consolation dans un contexte où les coûts demeurent élevés et où les gains de rémunération sont toujours plus à la traîne. Mais au moins, ces mesures contribueront à soulager, ne serait-ce qu’un peu, la douleur causée par la hausse des prix.

Lire la publication Indicateurs économiques de la semaine du 18 au 22 juillet 2022

Consultez l'étude complète en format PDF.

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