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L'Essentiel de la politique monétaire

La Banque du Canada reste sur les lignes de côté alors que les perspectives deviennent plus incertaines

2 septembre 2026
Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint

Selon la Banque du Canada (BdC)

  • Comme prévu, la BdC a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 % en septembre. Le taux du financement à un jour demeure à la borne inférieure de la fourchette estimée par la BdC pour le taux d’intérêt neutre depuis octobre 2025.
  • Dans sa déclaration préliminaire lors de la conférence de presse Lien externe au site., le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, a présenté trois principaux messages liés à la décision sur les taux d’intérêt.
  • Premièrement, l’activité économique au Canada a accéléré après avoir stagné au cours de la dernière année. Comme prévu, l’économie s’est raffermie au deuxième trimestre Lien externe au site., le PIB ayant progressé de 3,3 % en rythme trimestriel annualisé, après une croissance très faible au premier trimestre (graphique 1). La reprise a été relativement généralisée, ce qui a permis à l’économie de reposer sur des assises plus solides, même si la récente hausse des droits de douane américains soulève des questions quant à la durabilité de cette reprise. La BdC ne s’attend toutefois pas à une incidence directe importante sur l’activité économique globale, puisque les produits visés ne représentent qu’environ 5 % des exportations canadiennes vers les États‑Unis. De plus, les programmes de soutien du gouvernement fédéral devraient contribuer à atténuer une partie des effets négatifs.
  • Deuxièmement, la poursuite du conflit au Moyen‑Orient maintient les prix de l’énergie à des niveaux élevés pendant plus longtemps, ce qui accroît les risques à la hausse entourant les perspectives d’inflation. La BdC surveille de près les effets directs de la hausse des prix du pétrole ainsi que leurs répercussions sur les autres prix. Jusqu’à présent, les signes de tels effets demeurent limités. Toutefois, comme le conflit se poursuit et que les expéditions transitant par le détroit d’Ormuz demeurent contraintes, les risques à la hausse pesant sur les prévisions d’inflation de la BdC se sont intensifiés. Par ailleurs, les nouveaux droits de douane américains et les mesures de réciprocité canadiennes proposées pourraient augmenter les coûts de certaines entreprises et se répercuter graduellement sur les prix à la consommation.
  • Troisièmement, dans un contexte marqué par une hausse des risques inflationnistes et par des perspectives de croissance incertaines, la BdC réaffirme son engagement à maintenir l’inflation près de sa cible de 2 % à moyen terme. En même temps, elle reconnaît que la politique monétaire ne peut ni compenser les effets des droits de douane ni influer sur les prix mondiaux de l’énergie.

Implications

L’incertitude a dominé l’annonce d’aujourd’hui concernant les taux d’intérêt. Bien que la BdC ait maintenu son taux directeur inchangé, les risques entourant les perspectives d’inflation qui caractérisaient déjà la réunion de juillet Lien externe au site. se sont accentués, compliquant davantage la tâche de la BdC. La BdC a eu raison de mettre en évidence l’augmentation des risques à la hausse pour l’inflation, puisque les prix élevés de l’énergie ainsi que les mesures tarifaires de réciprocité envisagées par le Canada sur certaines importations en provenance des États‑Unis pourraient exercer une pression à la hausse sur les prix hors énergie. Parallèlement, le regain des tensions commerciales avec les États‑Unis Lien externe au site. devrait freiner la croissance économique et, à notre avis, davantage que ce que semble anticiper la BdC (graphique 2). Dans ces conditions, le maintien du statu quo constituait la décision appropriée, puisqu’il faudra plus de données pour évaluer les effets des chocs actuels et potentiels sur l’économie canadienne. Nous continuons donc de prévoir que le taux directeur demeurera à 2,25 % jusqu’à la fin de l’année, avant d’augmenter de 50 points de base au cours du premier semestre de 2027.


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