- Randall Bartlett, économiste en chef adjoint • LJ Valencia, économiste
La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé, les risques demeurant équilibrés
Selon la Banque du Canada (BdC)
- Comme prévu, la BdC a maintenu son taux directeur à 2,25 % en juillet. Le taux du financement à un jour demeure à la limite inférieure de la fourchette estimative du taux neutre de la BdC depuis octobre 2025.
- Dans sa déclaration d’ouverture lors de la conférence de presse Lien externe au site., le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, a mis de l’avant trois principaux messages liés à la décision de politique monétaire.
- Premièrement, la croissance économique devrait reprendre au Canada, après avoir stagné au cours de la dernière année alors que l’économie s’ajustait aux nouveaux droits de douane, à l’incertitude élevée et au ralentissement de la croissance démographique. La BdC prévoit que le PIB réel rebondira de 2,5 % en variation trimestrielle annualisée au deuxième trimestre de 2026. Pour la suite, elle anticipe de solides dépenses de consommation, une activité résidentielle stable, une reprise de l’investissement des entreprises (soutenue à court terme par le secteur pétrolier et gazier), la poursuite des dépenses gouvernementales ainsi qu’un renforcement continu des exportations, bien que suivant une trajectoire plus modeste (graphique 1). Après prise en compte des révisions historiques, la révision à la baisse de la croissance prévue pour 2026 (0,7 % contre 1,2 % en avril) est largement compensée par des révisions à la hausse des perspectives pour 2027 et pour 2028.
- Deuxièmement, après avoir atteint 3,2 % sur un an en mai et être vraisemblablement demeurée élevée en juin, l’inflation au Canada devrait ralentir graduellement, selon la BdC, pour revenir à la cible de 2 % au début de 2027 (graphique 2). Cette prévision repose de façon cruciale sur l’hypothèse selon laquelle les prix du pétrole diminueront et se stabiliseront dans une fourchette de 70 $ US à 75 $ US le baril (ils étaient d’environ 10 $ US le baril plus élevés dans la matinée du 15 juillet). Toutefois, bien que les pressions sur les coûts attribuables aux prix de l’énergie continuent de se transmettre graduellement aux prix à la consommation dans leur ensemble, cet effet est compensé par l’existence d’une capacité excédentaire dans l’économie, qui exerce une pression à la baisse sur la croissance des prix. En effet, la transmission de la hausse des prix de l’énergie à l’inflation sous-jacente demeure limitée, et la BdC a clairement indiqué qu’elle « ne laisser[a] pas les prix plus élevés du pétrole se transformer en inflation persistante ».
- Troisièmement, l’incertitude demeure élevée et les risques restent présents dans les deux directions. Les risques de hausse de l’inflation découlent du conflit en cours au Moyen‑Orient, tandis que les risques de baisse proviennent des discussions commerciales avec les États‑Unis ainsi que du relâchement des conditions économiques au pays. Ces facteurs n’ont pas changé par rapport aux récentes annonces de taux d’intérêt. Toutefois, la BdC a choisi d’abandonner les scénarios illustratifs publiés dans le Rapport sur la politique monétaire d’avril 2026 Lien externe au site.. Elle a également décidé de ne plus faire référence, dans ses communications, à la possibilité de futures hausses ou baisses des taux d’intérêt.
Implications
Même si l’incertitude demeure élevée, le ton adopté par la BdC dans son communiqué accompagnant la décision d’aujourd’hui était légèrement plus optimiste que celui observé au cours des derniers mois. La croissance semble s’être raffermie récemment et cette amélioration est relativement généralisée. Le recul des prix du pétrole depuis l’annonce de taux de juin ainsi que le passage sans incident de l’échéance du 1er juillet relative à l’Accord Canada‒États‑Unis‒Mexique (ACEUM) constituent des développements favorables. Cela dit, les risques dans les deux sens entourant les perspectives d’inflation continuent d’assombrir l’horizon économique. Dans ce contexte, nous croyons que la BdC cherchera vraisemblablement à équilibrer ces risques en maintenant le statu quo pour le reste de 2026.
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