- Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint
Banque du Canada : le taux directeur demeure inchangé alors que les risques concernant l’inflation restent équilibrés
Selon la Banque du Canada (BdC)
- Comme prévu, la BdC a maintenu en juin son taux directeur à 2,25 %. Le taux du financement à un jour demeure à la borne inférieure de la fourchette estimée par la BdC pour le taux neutre.
- Le principal message à retenir du communiqué Lien externe au site. et de la déclaration liminaire de la conférence de presse Lien externe au site. est que les risques pesant sur les perspectives d’inflation demeurent équilibrés.
- Jusqu’à présent, la transmission de la hausse des coûts de l’énergie aux autres prix est demeurée limitée. Toutefois, comme les prix mondiaux du pétrole restent élevés – environ 10 $ US le baril au-dessus des hypothèses du Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’avril 2026 Lien externe au site. –, la BdC s’attend à ce que l’inflation globale oscille autour de 3 % à court terme, puis diminue graduellement vers 2 %. Le Conseil de direction continue de faire abstraction des effets à court terme de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation globale, mais ne permettra pas qu’ils se traduisent par une inflation persistante. Cela dit, nous anticipons certaines révisions à la hausse des perspectives d’inflation de la BdC en juillet, en cohérence avec les ajustements apportés à nos prévisions depuis le RPM d’avril (graphique 1).
- La BdC a également abordé la croissance plus faible que prévu en début d’année : le PIB réel s’est contracté de 0,1 % en rythme annualisé au premier trimestre de 2026, comparativement à la progression de 1,5 % anticipée en avril (graphique 2). Elle a mis en évidence une faiblesse généralisée de l’économie canadienne et du marché du travail, malgré quelques données récentes plus favorables pour ce dernier. La BdC prévoit toujours une reprise de la croissance au deuxième trimestre, soutenue par les dépenses de consommation et une activité immobilière stable, mais partage notre avis selon lequel l’économie demeure en situation d’offre excédentaire.
Implications
Compte tenu des risques équilibrés entourant les perspectives d’inflation, la BdC semble à l’aise de maintenir le statu quo pour le moment. Nous continuons de prévoir que le taux directeur restera inchangé jusqu’en 2027.
Cela dit, nous pensons que la BdC sous-estime certains facteurs favorables à l’économie canadienne. Premièrement, elle n’a pas mentionné les 3,1 G$ versés sous forme de chèques aux ménages à revenu faible et intermédiaire par le gouvernement fédéral le 5 juin, ni l’augmentation de 25 % des paiements trimestriels du crédit pour la TPS/TVH au cours des cinq prochaines années. Ensemble, ces mesures devraient soutenir les dépenses de consommation des ménages les plus vulnérables au Canada. Deuxièmement, l’augmentation des dépenses et des investissements publics n’a pas été soulignée, malgré leur contribution vraisemblablement importante à la demande intérieure sur l’horizon de prévision. Par conséquent, nous croyons que la BdC sous-estime la contribution potentielle à la croissance des dépenses des ménages et des administrations publiques qui pourrait finalement se matérialiser (graphique 3).
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