- Kari Norman
Économiste senior
Canada : les marchés financiers ont propulsé la richesse des ménages, mettant en lumière la persistance des inégalités
Faits saillants
- Les ménages canadiens ont affiché une plus grande prospérité en moyenne au deuxième trimestre de 2026, alors que leur patrimoine net a progressé de 2,9 % par rapport au trimestre précédent, augmentant de 546,3 G$ pour atteindre 19 148,6 G$. Il s’agit d’une 11e hausse trimestrielle consécutive. Cette progression a été soutenue par une augmentation des actifs financiers (+4,5 %, soit +540,7 G$). Les actifs non financiers ont également augmenté au deuxième trimestre (+0,5 %, soit +48,9 G$), principalement grâce à l’immobilier résidentiel (+0,8 %). Cette évolution a toutefois été légèrement contrebalancée par une hausse des passifs des ménages (+1,3 %), notamment de la dette hypothécaire et non hypothécaire.
- Les emprunts des ménages ont ralenti de 5,0 G$ au deuxième trimestre pour s’établir à 29,4 G$. Dans le détail, la demande de crédit hypothécaire a diminué pour un deuxième trimestre consécutif, à 19,4 G$, ce qui représente le rythme d’endettement le plus faible depuis plus de deux ans. Parallèlement, la dette non hypothécaire, y compris le crédit à la consommation, a reculé de 2,3 G$ pour s’établir à 10,0 G$.
- La dette des ménages sur le marché du crédit a atteint 3 280,9 G$ au deuxième trimestre. Dans le même temps, après six hausses trimestrielles consécutives, le ratio de la dette au revenu disponible des ménages a diminué pour s’établir à 176,4 %. Il s’agit du recul le plus important depuis près de deux ans, ce qui maintient ce ratio sous le sommet historique de 188,2 % observé au troisième trimestre de 2022 (graphique 1). Malgré cette amélioration, les ménages canadiens demeurent les plus endettés du G7.
- Le ratio du service de la dette des ménages, soit la part du revenu disponible consacrée aux paiements de dette, a diminué à 14,5 %, la croissance du revenu (+2,1 %) ayant surpassé celle des paiements totaux liés à la dette (+1,0 %). Il demeure inférieur au sommet de 15,1 % enregistré au premier trimestre de 2023. Les remboursements de capital hypothécaire ont légèrement diminué (-0,4 %) après deux années de progression. Les paiements d’intérêts hypothécaires ont quant à eux augmenté de 1,6 %, soit la plus forte hausse en deux ans. Malgré cela, le ratio du service de la dette hypothécaire a légèrement reculé à 7,7 % au deuxième trimestre, sous le sommet historique de 8,2 % atteint au premier trimestre de 2023, mais il demeure élevé (graphique 2).
Commentaires
Le patrimoine net des ménages a continué de progresser au deuxième trimestre de 2026, principalement grâce aux gains enregistrés sur les marchés financiers. Toutefois, les bénéfices de cette hausse ne se sont pas répartis uniformément entre les ménages. Plus des deux tiers des actifs financiers sont détenus par les ménages appartenant au quintile de richesse le plus élevé, ce qui signifie qu’une grande partie de l’accroissement de la richesse financière a profité aux Canadiens les plus fortunés.
Parallèlement, d’importants transferts fédéraux Lien externe au site. vers les ménages à revenu faible et moyen ont fait augmenter le revenu disponible de 8,8 % à rythme annualisé par rapport au trimestre précédent, soit une croissance supérieure à celle des dépenses des ménages Lien externe au site. au deuxième trimestre. Par conséquent, le taux d’épargne des ménages s’est accru pour atteindre 3,7 %.
Implications
Dans un contexte de gains d’emploi Lien externe au site. modestes depuis le début de l’année, la croissance réelle des salaires s’est poursuivie au deuxième trimestre, les hausses salariales excédant l’inflation. Lors de la même période, la hausse des prix du pétrole a accentué les pressions inflationnistes Lien externe au site. au deuxième trimestre et devrait continuer de le faire à court terme, ce qui pourrait peser sur les salaires réels et sur l’épargne des ménages au cours des prochains trimestres. Les rendements obligataires à long terme ont également augmenté, entraînant une hausse des coûts d’emprunt. Alors que les risques entourant les perspectives d’inflation demeurent bilatéraux, avec d’un côté la hausse des prix de l’énergie et les contre-tarifs, et de l’autre un risque de ralentissement plus marqué de l’activité économique, la Banque du Canada Lien externe au site. a de nouveau maintenu son taux directeur inchangé la semaine dernière. Nous continuons de prévoir que les taux directeurs demeureront stables jusqu’à la fin de 2026.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.