- LJ Valencia
Économiste
Canada : l’économie affiche son plus important excédent commercial depuis mai 2022
Faits saillants
L’excédent du commerce international de marchandises du Canada a augmenté pour atteindre 4,2 G$ en mai 2026, comparativement à 3,4 G$ en avril (donnée révisée à la hausse) (graphique 1). Le résultat dépasse nettement le consensus des économistes, qui anticipaient un excédent de 2,5 G$. Voir le tableau pour plus de détails.
Les exportations de marchandises ont progressé de 0,9 % par rapport au mois précédent, tandis que les volumes ont diminué de 0,5 %. Les importations ont reculé de 0,2 %, les volumes affichant une baisse de 0,9 %.
L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis s’est également accru, passant de 10,3 G$ à 11,6 G$ en mai, soit son niveau le plus élevé depuis janvier 2025 (graphique 2). Parallèlement, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s’est creusé, passant de 6,9 G$ à 7,4 G$.
Le déficit du commerce des services s’est élargi, passant de 0,2 G$ en avril à 0,5 G$ en mai. Les exportations de services ont augmenté de 0,9 % par rapport au mois précédent, tandis que les importations de services ont progressé de 2,0 % au cours du mois.
Commentaires
L’excédent commercial enregistré en mai a largement dépassé les attentes des prévisionnistes du secteur privé. Il a atteint son niveau le plus élevé depuis mai 2022, marquant un troisième résultat positif consécutif.
Sept des onze catégories d’exportation ont affiché une hausse en mai. Les exportations de minerais métalliques et de minéraux non métalliques ont mené la progression avec un gain de 16,1 %. Cette hausse est principalement attribuable à l’augmentation des exportations de soufre, les perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz ayant limité l’approvisionnement mondial. Les exportations de produits en métal et de produits minéraux non métalliques ont augmenté de 1,5 %, surtout grâce à une hausse des exportations d’aluminium vers les Pays-Bas, l’Italie et la Grèce. Cela dit, ces gains ont été partiellement contrebalancés par un recul des exportations d’énergie (-2,0 %), principalement en raison de la baisse des exportations de pétrole brut, malgré des prix demeurés élevés durant le mois.
Du côté des importations, 9 des 11 catégories ont enregistré des gains. Les importations de biens de consommation ont progressé de 3,5 %, principalement grâce à une hausse des importations de batteries et de chargeurs de batteries en provenance de la Chine. Malgré cette augmentation, les importations totales ont été freinées par une forte baisse des importations de produits en métal et de produits minéraux non métalliques (-18,2 %), attribuable en partie à un recul des importations d’or provenant de non-résidents. En conséquence, les importations totales ont diminué au cours du mois.
Les relations commerciales du Canada continuent d’évoluer. Malgré des échanges moins dynamiques avec les États-Unis, les échanges commerciaux avec le reste du monde ont progressé (graphique 3). Par conséquent, les pays autres que les États-Unis représentaient 30,3 % des exportations en données désaisonnalisées en mai 2026, soit une proportion nettement supérieure à celle d’environ 25 % observée au cours des années précédant la pandémie.
Implications
À la lumière des données commerciales, les exportations nettes devraient contribuer positivement à la croissance de l’activité économique au deuxième trimestre. Nous prévoyons une croissance du PIB réel d’environ 1,5 % à rythme annualisé au T2 2026. Cette prévision cadre avec les perspectives présentées par la Banque du Canada (BdC) dans son Rapport sur la politique monétaire d’avril 2026. Lien externe au site.
Notre scénario Lien externe au site. continue de supposer que les prix du pétrole demeureront élevés, mais qu’ils reculeront graduellement à mesure que les tensions au Moyen-Orient s’atténueront. Des prix élevés devraient soutenir l’investissement et les exportations du secteur énergétique, mais ils risquent également de peser sur les ménages ainsi que sur les industries fortement dépendantes de l’énergie. Par ailleurs, l’incertitude entourant la politique commerciale américaine Lien externe au site. demeure un important frein à la croissance et à l’inflation. Compte tenu de ces risques, la BdC a maintenu ses taux directeurs inchangés lors de sa plus récente décision Lien externe au site., et nous nous attendons à ce qu’elle conserve cette orientation jusqu’en 2027.
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